GBL rentabilise son autocontrôle en levant 428 millions d’euros d’obligations convertibles
Le Groupe Bruxelles Lambert (GBL) est certainement l’un des meilleurs ambassadeurs du financement par obligations convertibles. Après l’opération en septembre 2012 portant sur sa participation chez Suez Environnement, puis l’émission sur GDF Suez début 2013, la société d’investissement d’Albert Frère a émis vendredi des obligations convertibles sur son propre capital pour un montant total de 428 millions d’euros.
Le financier belge ne prend néanmoins aucun risque de dilution. Les 5 millions d’actions qui serviront à couvrir la conversion éventuelle des obligations lors de leur arrivée à maturité en octobre 2018 seront puisées dans l’autocontrôle disponible. Une façon de rentabiliser des titres dormants en prévision de futurs investissements a priori plus rémunérateurs que le rendement de l’autocontrôle.
La structure de l’opération, dite «premium redemption», également utilisée la semaine dernière par Rallye pour son obligation convertible en actions Casino, vise à limiter la proportion de conversion en augmentant la prime de remboursement à maturité. Au total, la prime pourrait atteindre 42%. Cette facilité a un coût pour l’émetteur mais elle lui permet de limiter les sorties de cash pendant la durée de l’obligation grâce à un plus faible coupon. Les titres émis vendredi par GBL offrent un taux annuel de 0,375%. L’opération était coordonnée par Citi et Morgan Stanley, avec BNP Paribas Fortis en second rang.
GBL, qui avait déjà utilisé son autocontrôle en 1997 puis en 2005 pour émettre des obligations convertibles, profite d’une fenêtre de marché propice à ce type d’opération, avec des cours de Bourse revenus à des niveaux acceptables et des taux encore bas malgré une perspective de remontée. «GBL n’est pas noté mais sa qualité de crédit intrinsèque le place en ‘investment grade’. Ce type de papier est relativement rare sur le marché, ce qui explique le fort appétit des investisseurs pour l’émission», ajoute une source proche de l’opération. L’émission, pourtant lancée à la veille du week-end, a été couverte six fois auprès de 150 investisseurs, très majoritairement des fonds de long terme.
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