Gascogne prépare le terrain à une réorganisation de son capital
La division par trois l’an dernier de la valeur nominale des actions Gascogne n’aura pas suffi. Le groupe papetier envisage une nouvelle mesure de ce type lors de son assemblée générale du 20 juin. Les actionnaires devront se prononcer cette fois sur une division par cinq de la valeur nominale, ce qui la ramènerait à un euro. Avant la division de 2012, la valeur nominale des actions Gascogne s’élevait à 15 euros. Elle pourrait ainsi avoir été divisée par 15 en deux ans.
Si elle est approuvée, cette nouvelle division de la valeur nominale faciliterait la restructuration financière de la société, actuellement en négociations avec ses banques créancières. Avec un cours de Bourse actuellement inférieur à sa valeur nominale de 5 euros, Gascogne ne pouvait pas légalement augmenter son capital. Avec une valeur nominale à 1 euro, une émission de nouvelles actions devient techniquement possible. La conversion en actions des créances portées par le syndicat bancaire serait également facilitée.
Reste à savoir si les actionnaires de Gascogne voteront en faveur de la résolution. Présentée dans le cadre de l’assemblée générale extraordinaire, la mesure doit recueillir les deux tiers des droits de vote présents ou représentés pour être approuvée. Or, rien ne dit qu’Electricité et Eaux de Madagascar, l’actionnaire principal de Gascogne avec 28,86% du capital (29,96 % en droits de vote), votera en faveur de la résolution.
Une augmentation de capital ou une conversion de créances après la division de la valeur nominale diluerait en effet massivement la participation des actionnaires actuels et en premier chef celle d’EEM. Contacté par L’Agefi, François Gontier, le PDG et premier actionnaire d’EEM, n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette résolution.
En pertes chroniques, et ne pouvant honorer ses dettes, Gascogne doit trouver une solution avec ses créanciers dans les prochaines semaines. A fin mars, le papetier portait 96,9 millions d’euros de dette, soit plus de 5,8 fois son excédent brut d’exploitation (Ebitda). Il a perdu l’an dernier 91,3 millions d’euros en 2012, dont 60 millions liés à des dépréciations d’actifs.
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