Gameloft muscle sa pilule empoisonnée salariale face à Vivendi
Gameloft multiplie les initiatives pour compliquer la vie de Vivendi. Après avoir contesté auprès de la cour d’appel la conformité de l’offre d’achat déposée par le groupe de médias, l’éditeur de jeux pour téléphones mobiles a renforcé son dispositif de protection interne. Avec l’objectif d’accroître la facture finale de Vivendi si ce dernier parvient à lui mettre la main dessus.
Gameloft a ainsi conclu avec 13 salariés de ses filiales étrangères des avenants à leurs contrats de travail prévoyant le versement d’indemnités en cas de changement de contrôle de la société. Le coût potentiel de l’exercice de ces clauses s’élève à 2,3 millions d’euros, indique Gameloft, hors charges patronales et sociales. Ces avenants s’ajoutent aux clauses dont bénéficiaient déjà 14 autres salariés de l’éditeur de jeux, pour un montant de 7,9 millions d’euros. Si Vivendi réussit son OPA, il pourrait ainsi devoir payer 10,2 millions d’euros d’indemnités exceptionnelles rien qu’à ces 24 salariés, soit environ 1,5% du coût estimé de l’opération. «En l’état, il ne devrait pas y avoir d’autres personnes concernées par ce type d’accord ou par des accords similaires», précise Gameloft.
Une méthode déjà employée par Yahoo
Début avril, dans son avis motivé contre l’OPA de Vivendi, le conseil d’administration de Gameloft s’était déjà inquiété de la «déstabilisation des équipes et du groupe» et du risque d’un «nombre de départs important, notamment des créatifs (…) indispensables à la conception d’un jeu vidéo en faveur des principaux concurrents étrangers de Gameloft» avec à la clé «le risque de perdre l’essentiel de sa valeur».
Ce mode de protection n’est pas inhabituel pour les entreprises dont les salariés constituent les principaux actifs. En 2008, Yahoo avait utilisé une pilule empoisonné de ce type face à l’offre d’achat de Microsoft. Elle aurait pu renchérir de près de 3 milliards de dollars l’OPA de 44 milliards envisagée par le groupe d’informatique. La mesure, qui concernait la totalité des 14.000 salariés de Yahoo, avait provoqué la colère de plusieurs actionnaires et avait été contestée en justice. Yahoo avait finalement accepté d’en réduire sa portée par la suite sans pour autant renoncer à ce dispositif.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds de pensions islandais Gildi et Festa vont fusionner
L'accord de fusion signé par les deux fonds de pension islandais pourrait donner naissance au plus important fonds de pension islandais en nombre d'ayants droit. -
BNP Paribas AM se déleste de la co-entreprise de gestion d’Axa IM en Corée du Sud
La société de gestion de BNP Paribas considère toujours la Corée comme un marché-clé post-cession de sa part dans Kyobo Axa IM. -
Franklin Templeton se renforce dans l'immobilier en Europe
Le groupe va acquérir la majorité du capital de Stoneshield, une société de gestion immobilière basée en Espagne.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
« Je ne comprends pas qu'on ne soit pas d'accord » : à la Fête de l'Humanité, le match de la retraite par capitalisation
Sophie Binet (CGT) et Amir Reza-Tofighi (Les Entrepreneurs) ont croisé le fer sur la retraite par capitalisation samedi 12 septembre devant une foule acquise à la gauche -
PropagandeL'offensive de la ville de Paris pour prolonger l'encadrement des loyers
Vendredi, maires de grandes villes, députés et associations pour le droit au logement ont organisé une grande réunion publique rue de Rivoli pour défendre l'impériosité de proroger l'encadrement des loyers -
MithridateBruno Retailleau cherche l’antidote pour s’immuniser contre le poison du retrait
A chaque interview, le candidat de droite doit désormais écarter l'idée d'un retrait au profit d'Edouard Philippe. Pour se sortir de ce piège, il mise sur la radicalité et le temps long