G4S refuse de brader sa division de gestion de cash
G4S fait de la résistance. Le leader mondial des services de sécurité vient de rejeter l’offre indicative de Charterhouse de 1,55 milliard de livres (1,8 milliard d’euros) pour son activité de gestion de cash et de transport de fonds.
Le conseil d’administration du groupe britannique estime «la nature et le calendrier de cette approche hautement opportuniste» et considère que cette offre conditionnelle «sous-évalue fondamentalement l’activité et ses perspectives». L’offre valorise 11,5 fois l’Ebita 2012 de la division. Aussi le conseil a-t-il «fermement» rejeté cette offre, rappelant que cette activité de solutions de trésorerie pour les entreprises a une importance «stratégique» pour le groupe. «Nous pensons que G4S a eu raison de rejeter l’offre, à la fois pour des raisons de valorisation et de stratégie», note JPMorgan. D’autres fonds seraient intéressés par le rachat de cette activité, selon une source citée par Bloomberg. En 2012, cette division «cash solutions» a dégagé un chiffre d’affaires de 1,29 milliard de livres (1,5 milliard d’euros), soit 18% des ventes de G4S, pour une résultat opérationnel (Ebita) de 135 millions de livres (10,5%), soit 26% de la marge du groupe.
G4S a déjà exprimé cet été sa volonté d’investir dans son cœur de métier, dont fait partie cette activité, offrant des perspectives de croissance durable et rentable. Entre 2007 et 2011 le cash en circulation a crû en moyenne de 7% par an dans les marchés développés de G4S et de 12% dans ses marchés émergents. En outre, G4S rappelle qu’il est numéro un ou deux sur 61 des 66 marchés où il est présent, et qu’il fournit des services à valeur ajoutée, tels que l’ingénierie sécurisée et l’externalisation des centres de cash.
Une restructuration est en cours au Royaume-Uni et en Irlande – zone qui a un nouveau patron depuis la semaine dernière – pour améliorer les performances financières. De fait, l’Etat britannique, un des premiers clients de G4S, est en train de revoir ses contrats avec le spécialiste des services de sécurité après une série de scandales. Le groupe est accusé par le gouvernement britannique d’avoir facturé des bracelets électroniques a des détenus morts ou emprisonnés. Déjà, lors des JO de Londres, le groupe n’avait pu fournir le nombre suffisant de vigiles. En juin, le directeur financier, Ashley Almanza, a pris la direction du groupe et présentera le 5 novembre son plan stratégique.
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