Free Mobile atteint l’équilibre après moins d’un an d’existence
Le chiffre ne manquera pas d’alimenter la grogne des concurrents de Free Mobile, Bouygues Telecom et SFR en tête. Lancé en janvier 2012, l’opérateur de téléphonie mobile du groupe Iliad a quasiment atteint l’équilibre opérationnel au second semestre 2012, avec une perte de seulement 2 millions d’euros. Sur l’année, sa perte d’Ebitda n’est que de 46 millions. Créée au milieu des années 90, Bouygues Telecom avait attendu 7 ans pour toucher son premier bénéfice et dépasser les 5 millions d’abonnés. Avec déjà 8% du marché, Free Mobile a mis à peine un an pour passer ce cap.
Selon les concurrents d’Iliad, cette prouesse repose sur le modèle à coûts variables dont bénéficie le quatrième opérateur mobile. Pour faciliter son arrivée sur un marché dominé par trois groupes rentables et solidement établis, les autorités, gouvernement et Arcep, ont en effet exigé que la licence vendue à Free Mobile en 2009 prévoie une «itinérance». Signé auprès d’Orange, cet accord commercial, sorte de loyer payé en fonction du trafic des abonnés de Free Mobile acheminé par Orange, permet au groupe d’offrir ses services sur tout le territoire, le temps d’investir dans son propre réseau. Celui-ci couvrait 40% de la population fin 2012.
Cet accord offre un avantage incontestable, fustigent Bouygues et SFR, dont le modèle économique de départ était à coûts fixes: investir dans le réseau avant même d’avoir les abonnés suffisant pour l’amortir. Par ailleurs, selon des analystes, une partie du gain de profitabilité de Free Mobile proviendrait de la comptabilisation en investissements, et non en charges, des loyers payés à Orange. Saisie par le gouvernement, l’Autorité de la concurrence a demandé la semaine dernière que cet accord d’itinérance ne soit pas prolongé au-delà des échéances de 2016 et de 2018, consciente des risques de distorsion que cela faisait peser sur le marché de la téléphonie mobile française.
Face à ces critiques, outre l’innovation tarifaire de son offre mobile, la direction d’Iliad insiste sur les 950 millions d’euros investis en 2012, réseaux fixe et mobile confondus, soit 30% de son chiffre d’affaires, un ratio bien plus élevé que celui de ses concurrents. Elle confirme aussi son engagement à couvrir avec les antennes de Free Mobile 75% de la population fin 2014, et 90% en 2018, comme prévu dans sa licence.
Plus d'articles du même thème
-
L'espoir de paix au Moyen-Orient donne un élan mesuré aux actions européennes
L’annonce d’un prochain accord de paix entre les Etats-Unis et l’Iran est une bonne nouvelle pour les marchés européens qui ont particulièrement souffert de la crise énergétique. Mais tout n’est pas réglé. La réaction mesurée des marchés lundi en témoigne. -
La Fed de Kevin Warsh est déjà sous contrainte
Le FOMC des 16 et 17 juin, le premier de son nouveau président, ne modifiera pas les taux Fed Funds. Il pourrait abandonner le «biais accommodant» dans sa déclaration. Il sera intéressant de voir comment la communication de la banque centrale évoluera à moyen terme. -
Le G7 suspendu aux humeurs de Donald Trump
La réunion d’Evian, conçue comme l’occasion de relancer le dialogue et le multilatéralisme, débute sous des auspices mitigés, la perspective du règlement du conflit avec l’Iran et de nouvelles menaces de tarifs douaniers contre la France.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Highway to hellLe sort de l'A69 entre les mains du Conseil d'Etat
Le sort de l'autoroute Toulouse-Castres est une nouvelle fois entre les mains de la justice, pour une décision qui pourrait mettre un terme à la guérilla juridique contre le chantier -
Time To Get SoftTrump et l'Iran : un accord faute de mieux
Donald Trump a juré de ne jamais reproduire l'accord iranien de Barack Obama. Trois mois de guerre plus tard, il est pourtant de retour à la table des négociations pour conclure un deal qui pourrait bien lui ressembler -
Bling bling« Ces images sont une erreur » : au RN, le malaise Bardella après le Grand Prix de Monaco
Des images de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco, circulant pendant la marche blanche en hommage à la petite Lyhanna, ainsi que sa réponse sur BFM – « des marches blanches, il y en a tous les jours » – inquiètent en interne. Certains craignent de voir le dauphin de Marine Le Pen s'éloigner de son image populaire pour basculer dans le « bling-bling »