Free Mobile atteint l’équilibre après moins d’un an d’existence

L’opérateur a limité à 2 millions d’euros sa perte au second semestre 2012. Une prouesse liée aux avantages accordés au groupe, fustige la concurrence
Olivier Pinaud
Free Mobile à l’équilibre. Photo Bloomberg
Free Mobile à l’équilibre. Photo Bloomberg  - 

Le chiffre ne manquera pas d’alimenter la grogne des concurrents de Free Mobile, Bouygues Telecom et SFR en tête. Lancé en janvier 2012, l’opérateur de téléphonie mobile du groupe Iliad a quasiment atteint l’équilibre opérationnel au second semestre 2012, avec une perte de seulement 2 millions d’euros. Sur l’année, sa perte d’Ebitda n’est que de 46 millions. Créée au milieu des années 90, Bouygues Telecom avait attendu 7 ans pour toucher son premier bénéfice et dépasser les 5 millions d’abonnés. Avec déjà 8% du marché, Free Mobile a mis à peine un an pour passer ce cap.

Selon les concurrents d’Iliad, cette prouesse repose sur le modèle à coûts variables dont bénéficie le quatrième opérateur mobile. Pour faciliter son arrivée sur un marché dominé par trois groupes rentables et solidement établis, les autorités, gouvernement et Arcep, ont en effet exigé que la licence vendue à Free Mobile en 2009 prévoie une «itinérance». Signé auprès d’Orange, cet accord commercial, sorte de loyer payé en fonction du trafic des abonnés de Free Mobile acheminé par Orange, permet au groupe d’offrir ses services sur tout le territoire, le temps d’investir dans son propre réseau. Celui-ci couvrait 40% de la population fin 2012.

Cet accord offre un avantage incontestable, fustigent Bouygues et SFR, dont le modèle économique de départ était à coûts fixes: investir dans le réseau avant même d’avoir les abonnés suffisant pour l’amortir. Par ailleurs, selon des analystes, une partie du gain de profitabilité de Free Mobile proviendrait de la comptabilisation en investissements, et non en charges, des loyers payés à Orange. Saisie par le gouvernement, l’Autorité de la concurrence a demandé la semaine dernière que cet accord d’itinérance ne soit pas prolongé au-delà des échéances de 2016 et de 2018, consciente des risques de distorsion que cela faisait peser sur le marché de la téléphonie mobile française.

Face à ces critiques, outre l’innovation tarifaire de son offre mobile, la direction d’Iliad insiste sur les 950 millions d’euros investis en 2012, réseaux fixe et mobile confondus, soit 30% de son chiffre d’affaires, un ratio bien plus élevé que celui de ses concurrents. Elle confirme aussi son engagement à couvrir avec les antennes de Free Mobile 75% de la population fin 2014, et 90% en 2018, comme prévu dans sa licence.

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