Free doit relancer le moteur de la Freebox
La Freebox Revolution va devoir se refaire une beauté. Xavier Niel, le fondateur et premier actionnaire d’Iliad, a reconnu la semaine dernière que l’opérateur de télécoms ne pouvait plus repousser le lancement d’une nouvelle box internet. «On a tenté de retarder ça mais il y a un moment où on ne peut plus. Donc on va revenir avec une nouvelle box et recréer du buzz et refaire de la croissance», a indiqué Xavier Niel, sans toutefois donner de date.
Le vieillissement de la Freebox Révolution, lancée en 2010, couplé à l’agressivité commerciale des concurrents, Bouygues Telecom en tête, commence à se faire sentir sur l’activité fixe d’Iliad, la principale machine à cash du groupe. Au premier semestre, Free a recruté 83.000 nouveaux abonnés (net de résiliation), dont 17.000 au deuxième trimestre, soit une part de marché des recrutements nets de seulement 27%. En 2016, sa part de marché des recrutements nets s'élevait à 32%. Elle était montée à 50% en 2012, l’effet nouveauté de la Freebox Révolution jouant alors à plein. Le ralentissement de la croissance des abonnés de Free dans le fixe est sans précédent depuis 2010, souligne Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James, qui attend une nouvelle box en 2018.
Le lancement d’une box est l’occasion d’augmenter les prix
«Quand on se retrouve dans des situations comme ça avec une grosse agressivité, c’est la qualité de nos box sur le fixe qui nous fait recruter. Donc oui, il va falloir à un moment qu’on ait une nouvelle box», a ajouté Xavier Niel. Outre l’effet nouveauté, le lancement d’une box est l’occasion pour un opérateur d’augmenter le prix de ses abonnements. La Freebox Révolution avait servi de prétexte à Iliad en 2010 pour briser la barre psychologique de l’abonnement triple-play qu’il avait contribué à fixer à 29,99 euros. Il est aujourd’hui à 39,99 euros mais il intègre un bouquet de chaînes du groupe Canal Plus. La hausse du prix de l’abonnement permet d’ailleurs de compenser la faiblesse des gains d’abonnés. Le chiffre d’affaires de la division fixe d’Iliad a progressé de 4,8% à 1,39 milliard d’euros au premier semestre 2017.
Iliad a d’autant plus besoin de relancer cette activité fixe au moment où il commence à se déployer dans le mobile en Italie. La Freebox a toujours été extrêmement rentable pour le groupe, avec des marges d’Ebitda dépassant parfois les 45%. Ces dernières lui ont ainsi permis de quasiment autofinancer le développement de Free Mobile.
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