France Télécom tire les prix à la baisse pour un nouvel emprunt de 6 milliards d’euros

Pour remplacer une ligne de 8 milliards, le groupe négocie un prêt avec une marge de 40 points de base, inférieure de moitié à la moyenne de 2010
Olivier Pinaud

France Télécom travaille activement au refinancement d’un prêt syndiqué de 8 milliards d’euros souscrit en 2005 et arrivant à maturité en 2012. Et selon les premières indiscrétions de marché, les conditions demandées par le groupe seraient extrêmement serrées. Bloomberg rapporte que, pour remplacer cette ligne de crédit, l’opérateur en télécoms souhaite émettre 6 milliards d’euros de dette avec une marge de 40 points de base, soit quasiment deux fois moins que la moyenne des rendements accordés en 2010 par des emprunteurs de cette catégorie. Un nouveau signe de la forte concurrence que se livrent les banques pour accorder des lignes de trésorerie aux grandes entreprises, dans l’espoir de décrocher des mandats sur d’autres opérations.

France Télécom est noté A3 par Moody’s et A- par Standard & Poor’s et Fitch. Le prêt en cours de négociations aurait une maturité de cinq ans, avec deux options d’extension d’une année chacune. L’opérateur en télécoms ne fait aucun commentaire.

La ligne de 8 milliards d’euros avait été souscrite en 2005 auprès d’un syndicat bancaire composé de Barclays Capital, de Citigroup, de Crédit Agricole CIB et de la Société Générale. Mais France Télécom n’a pas utilisé cette facilité. Mi décembre 2010, Moody’s indiquait que «le profil de liquidité du groupe est plus que suffisant pour couvrir les échéances de dette et les autres besoins en cash, y compris les investissements et le paiement du dividende». Selon l’agence de notation, le groupe disposait par ailleurs, en septembre 2010, d’environ 5,5 milliards d’euros de disponibilités.

France Télécom a une nouvelle fois confirmé la semaine dernière son objectif de générer un cash flow organique de 8 milliards d’euros en 2010 et en 2011 (avant acquisition de fréquences mobiles supplémentaires et hors prise en compte en 2010 de l’impact du litige relatif à la taxe professionnelle en France). Fort de cette somme, et sans projet d’acquisition d’envergure, le groupe s’est engagé à distribuer un dividende de 1,4 euro par action au titre des exercices 2010, 2011 et 2012, soit 3,7 milliards d’euros au total par an, dont 1 milliard reviendra à l’Etat français. Au 30 juin 2010, l’État et le Fonds stratégique d’investissement détenaient conjointement 26,97% du capital et 26,99% des droits de vote de France Télécom.

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