France Télécom envisage de céder certains de ses opérateurs européens
Devenu PDG du groupe il y a quelques semaines, après une année d’attente à la direction générale, Stéphane Richard dévoile par petites touches sa stratégie pour France Télécom. Pas de réelle révolution par rapport à la présidence de Didier Lombard mais le nouveau dirigeant n’exclut pas de redessiner tout de même la présence géographique de l’opérateur de télécoms en Europe. Dans un entretien au Wall Street Journal, Stéphane Richard dément tout rapprochement avec Deutsche Telekom, même si les groupes collaborent de plus en plus. En revanche, il reconnaît que «le modèle économique du groupe est sous pression en Europe» ce qui pourrait entraîner des cessions d’actifs.
En plus de la France, France Télécom est actuellement présent dans dix pays européens: Grande-Bretagne, Espagne, Pologne, Belgique, Suisse, Autriche, Slovaquie, Roumanie, Moldavie et Arménie. Si une sortie de Grande-Bretagne, de Pologne et d’Espagne, voire de la Belgique, paraît peu probable compte tenu de la taille et de l’importance de ces marchés, la cession des activités dans les pays plus petits semble en revanche plus envisageable.
Selon David Strauch, analyste crédit chez Natixis, l’Autriche et la Suisse sont des «candidats tout à fait envisageables à une cession» mais «encore faudra-t-il trouver un acquéreur au bon prix». Peu liquide, la participation de 35% dans Orange Austria ne pourrait être revendue qu’au partenaire local du groupe, le fonds d’investissement Mid Europa, ce qui limiterait sa valeur. En revanche, la filiale suisse, numéro deux du marché, avec 1,57 million de clients, afficherait une valeur bien supérieure. L’an dernier, le fonds CVC avait racheté Sunrise, le numéro trois suisse, pour un montant de 2,5 milliards d’euros.
«Ce portefeuille [d’actifs européens, ndlr] génère difficilement de la croissance et les sommes récupérées pourraient être utilisées pour accélérer le déploiement dans les pays émergents, ce qui ne serait pas mauvais après tout», indique Javier Borrachero chez Kepler. Au total, l’analyste estime la valeur de ces actifs aujourd’hui considérés comme non stratégiques à 5 milliards d’euros. La direction de France Télécom devrait faire le point sur sa stratégie en Europe, et dans les pays émergents, lors de sa journée investisseurs du 31 mai.
Plus d'articles du même thème
-
Entrepreneur Invest lance le sixième millésime de sa gamme Entrepreneurs & Croissance
Le gérant non coté structure un FPCI éligible au remploi de l'article 150-0 B ter du CGI qui investira dans des actions ou des obligations de petites et moyennes entreprises en France. L'objectif de rendement annualisé a été fixé à 8%. -
Euroclear et Franklin Templeton étendent leur coopération aux marchés privés
Euroclear poursuit ses collaborations pour renforcer sa plateforme de distribution de fonds Euroclear FundsPlace (ex-MFEX). L’infrastructure de marché, spécialisée dans les services post-marché, a étendu sa collaboration avec le gestionnaire d’actifs américain Franklin Templeton aux marchés privés. Les stratégies de Franklin Templeton en non coté, dette privée et immobilier seront ainsi distribuées via Euroclear FundsPlace. D’autres asset managers comme Ares ont noué un partenariat similaire avec Euroclear, qui compte quelque 3.000 distributeurs de fonds sur sa plateforme et environ 250.000 fonds référencés. Parmi ces fonds, plus 20.000 sont des fonds alternatifs distribués par plus de 500 gérants. -
Fonds européen de défense : transformer une complexité en avantage industriel
Faire de cet outil européen, puissant mais exigeant, un avantage industriel réellement accessible aux entreprises, et notamment aux PME, impose d'en maîtriser la logique, estiment Solenne Desprez-Braun et Serge Monturet, du cabinet F.Initiatives.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Coût du travail, multinationales, industrie… Les délocalisations ne ralentissent pas, alerte l’Insee
Entre 2021 et 2023, en France, entre 7 500 et 13 000 postes ont été directement supprimés à la suite de délocalisations, annonce l’Insee -
Italie : la droite veut assouplir les règles sur la chasse
Le gouvernement de Giorgia Meloni, qui souhaite ainsi cajoler un électorat rural et vieillissant, pousse une réforme controversée de la chasse, sous la surveillance de Bruxelles -
TribuneRéconcilier performance et engagement : la nouvelle définition du progrès en entreprise – par Les Entreprises s'engagent
Alors que le modèle purement économique montre ses limites, plus de 100 000 entreprises françaises démontrent que performance et responsabilité sociale peuvent converger pour réinventer le progrès