France Télécom confirme son intérêt pour le marché irakien

Sans citer directement Korek, l’opérateur indique que le pays figure bien dans sa zone cible en vue de se développer dans les émergents
Olivier Decarre

En vue de doubler sa présence dans les émergents d’ici 2015, la prochaine étape du cheminement de France Télécom pourrait passer par l’Irak. Hier le Financial Times faisait état de pourparlers entre l’opérateur français et Korek. Sans citer le nom du groupe irakien, France Télécom a confirmé que l’Irak figurait dans «sa zone d’intérêt stratégique». Une déclaration qui laisse peu de doute sur la cible possible, Korek étant le seul opérateur indépendant du pays. Aujourd’hui l’essentiel du marché est en effet capté par la filiale locale de Zain (13 millions de clients, soit 54% de pénétration) et Asiacell, filiale du qatari QTel (8 millions de clients, soit 33% du marché).

Sachant que l’Irak affiche déjà un taux de pénétration de 77% dans le mobile (du fait de la destruction de nombreuses infrastructures fixes), la valorisation évoquée pour Korek (de 1,5 milliard de dollars) peut apparaître élevée. Surtout pour un opérateur ne pesant que 12,5% du marché.

Difficile de déterminer des multiples de résultats, aucun compte n’étant disponible. En revanche, un tel prix reviendrait à payer 500 dollars pour chacun des 3 millions de clients de Korek. C’est à peu près ce qu’avait payé le koweitien Agility pour entrer dans le groupe… mais en 2007. A titre de comparaison, l’acquisition par France Télécom d’une part dans Meditel déjà jugé chère avec un multiple de 11 fois l’Ebitda a sous-tendu un chiffre de 200 euros par client.

Ceci dit, il ne faut peut-être pas évaluer le dossier sur la base de son portefeuille actuel de clients. Bien que disposant d’une licence nationale, Korek est pour l’instant centré sur la seule région du Kurdistan. Et comme le souligne la presse du Moyen-Orient à chaque fois qu’émerge une nouvelle rumeur sur un partenariat, l’opérateur irakien est à la recherche de capitaux pour asseoir son développement sur l’ensemble du pays.

«En cas de confirmation des discussions, il faudra plutôt aborder cette question comme une licence greenfield que comme l’acquisition d’une base installée», remarque un bon connaisseur du secteur. Il n’est alors pas inutile de rappeler que la licence nationale acquise en 2007 par Korek avait coûté à ce dernier 1,25 milliard de dollars.

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