Ford voit le ciel s’assombrir encore davantage en Europe

Le constructeur automobile américain table sur 2 milliards de dollars de pertes en 2013 après 1,75 milliard l’année dernière
Antoine Duroyon

Vu de Detroit, le Vieux Continent restera une source de pertes cette année. Ford, numéro deux américain du secteur, s’attend à essuyer 2 milliards de dollars (1,48 milliard d’euros) de pertes en Europe cette année, soit un nouvel exercice déficitaire. Le groupe a perdu de ce côté ci de l’Atlantique 732 millions de dollars au quatrième trimestre 2012 et 1,75 milliard de dollars sur l’ensemble de l’exercice, soit nettement au-delà des prévisions livrées en octobre (1,5 milliard de dollars).

«Nous devrions voir, en zone euro, une récession pour l’année complète», a rappelé le directeur financier de Ford, Bob Shanks. «Sans aucun doute, nous avons encore devant nous des temps difficiles en Europe. Mais nous pensons que cela atteindra probablement un plafond cette année». Les coûts de restructuration des activités européennes devraient représenter un quart des pertes attendues cette année. Un pessimisme partagé par le PDG de l’alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, qui a dit s’attendre hier à ce que les ventes de voitures ne progressent pas en Europe au cours des trois à quatre prochaines années.

Cette morosité contraste avec le marché américain qui fait feu de tout bois. Le résultat opérationnel a dépassé l’an dernier le précédent record établi à 6,2 milliards de dollars en 2011. La marge opérationnelle de la zone géographique est ressortie à 10,4% pour l’année complète. Au quatrième trimestre, le bénéfice net s’est élevé à 1,9 milliard de dollars en Amérique du nord, près d’un milliard de plus que sur la période comparable de 2011. Un motif de fierté pour le directeur général Alan Mullaly qui a remanié la gamme de véhicules avec des modèles plus économes tels que Focus ou Fiesta.

Au bout du compte, le constructeur a fait état d’un bénéfice net de 1,6 milliard de dollars (40 cents par titre), contre 13,6 milliards de dollars un an plus tôt. Les résultats avaient alors été gonflés par un gain fiscal exceptionnel. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action s’est inscrit à 31 cents, là où le consensus Bloomberg visait 25 cents. Cela n’a pas empêché le titre d'être attaqué en Bourse; il a clôturé en recul de 4,64% à 13,14 dollars.

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