Ford profite de son retour en grâce pour renouer avec un dividende trimestriel
Ramené sur la voie de la croissance, Ford compte en faire profiter ses actionnaires. Le constructeur automobile a fait part hier de sa décision de verser en mars prochain un dividende de 5 cents par titre (ordinaire ou de catégorie B) aux actionnaires inscrits sur les registres au 31 janvier. En territoire négatif en cours de séance, l’action Ford a repris des couleurs à cette annonce pour finalement clôturer en baisse de 2,9%. L’indice S&P 500 a terminé la séance en repli de 2,1%.
«Nous avons démontré notre capacité à financer nos projets et nous sommes confiants quant à notre capacité à commencer à verser un dividende qui sera supportable à travers les cycles économiques», a souligné le directeur financier de Ford, Lewis Booth. Il a ajouté que cette redistribution aux actionnaires, la première depuis cinq ans, coûterait au groupe 200 millions de dollars par trimestre. Le plus solide des «Big Three» peut se le permettre: son free cash-flow sur les neuf premiers mois de l’année a atteint 6,8 milliards de dollars, contre 5,2 milliards sur la période comparable de 2010, selon FactSet.
Ford affiche ainsi de manière symbolique son retour parmi les valeurs avec lesquelles il faut compter. Sous la houlette de son PDG Alan Mulally, le groupe, qui a évité un renflouement par l’Etat fédéral, a dégagé un bénéfice net de 1,65 milliard de dollars sur le trimestre clos à fin septembre, signant son dixième trimestre consécutif dans le vert. Ford a engrangé près de 9,3 milliards de dollars de profits au cours des deux dernières années après en avoir perdu plus de 30 milliards entre 2006 et 2008.
«Un dividende est sans aucun doute un catalyseur», s’est félicité Brian Johnson, analyste chez Barclays Capital. «Cela replace Ford sur l’écran radar des gérants de portefeuille», a-t-il souligné. Le basculement de la note de crédit en «investment-grade», qui avait temporairement été cité comme une condition sine qua non au versement d’un dividende, accélérerait encore davantage ce processus.
En octobre, les agences de notation ont fait un pas dans cette direction. Le groupe est noté «BB+» chez S&P, «BB+» chez Fitch et «Ba1» chez Moody’s. Les agences ont notamment souligné la conclusion d’un nouvel accord avec le syndicat UAW qui renforce la «position solide du constructeur en Amérique du Nord».
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