Foncière Paris France a tenté sans succès de soutenir son cours
Dans les prochains jours, Foncière Paris France (FPF) dévoilera sa note en réponse au projet d’OPA hostile de PHRV, comprenant l’analyse indépendante de Détroyat. En attendant, l’AMF s’est penchée de près sur les mouvements boursiers de la foncière, jusqu’à demander la suspension du titre pour la seule séance du 26 octobre dernier.
En effet, la foncière avait racheté près de 43.000 actions entre les 10 et 24 octobre à un prix moyen proche de 104 euros (entre 99,66 et 105 euros), déboursant ainsi 4,4 millions d’euros. Foncière Paris France détient désormais 5,4% de son capital, contre 2,8% au 30 juin 2011.
Or, en période de pré-offre, la foncière peut-elle continuer à opérer des rachats d’actions? Si le règlement général de l’AMF interdit des interventions sur ses propres titres en cas d’OPE ou d’offre mixte (art. 231-41), elles restent possibles dans le cadre des offres en numéraire, le cas en l’espèce. Bien que l’initiateur lui-même, PHRV, «ne puisse ramasser des actions Foncière Paris France, ayant prévu un seuil de conditionnalité à son projet d’offre», rappelle un avocat.
FPF a donc à bon droit exercé son programme de rachat d’actions, autorisé par l’AG du 23 mars 2011 et mis en œuvre par le conseil d’administration le 12 septembre, au prix maximum de 105 euros par action, dans la limite de 12 millions d’euros. Une décision votée à l’unanimité, même par Cofitem-Cofimur, partenaire de PHRV, qui lancera trois semaines plus tard une offre à 100 euros.
Par ses rachats, FPF est parvenu à faire rebondir le titre, de 93 euros le 6 octobre, à 104 euros le 24 octobre, mais il est retombé à 100 euros hier. Alors que le conseil de la foncière aurait pu relever le prix de rachat maximal et continuer à faire grimper le titre, l’AMF a préféré tirer la sonnette d’alarme estimant ces acquisitions «susceptibles de faire échouer l’offre de PHRV», confie un proche du dossier. FPF a obtempéré et suspendu son programme de rachats. Néanmoins, lors de la prochaine AG, la foncière pourrait en profiter pour relever ce seuil.
Les volumes échangés sur le marché ces jours de rachat ont été particulièrement élevés pour la valeur. Or, la société ne doit pas dépasser le seuil de 25% des échanges, au-delà duquel elle pourrait être accusée de manipuler le cours. Mais cette règle ne vaut que pour les opérations sur le marché. Aussi, la plupart des rachats de titres ont eu lieu hors marché.
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