Foncière des Régions renonce à la reprise de Foncière Paris France

Alors que l’opération était critiquée, les deux partenaires invoquent les effets de la crise boursière sur la valorisation des instruments financiers
Bruno de Roulhac

Six semaines après avoir annoncé son projet de rapprochement avec Foncière Paris France (FPF), Foncière des Régions (FdR) jette l’éponge. Une conséquence directe de la crise boursière du mois d’août. La chute des Bourses «impacte la valorisation des instruments financiers devant faire l’objet de l’échange dans des conditions telles qu’elles remettent en cause les parités fixées à la fin juillet entre les parties», souligne FPF. Aux termes du projet, Covéa, Predica, Holding Wilson 250 et le management de Foncière Paris France devaient apporter leurs titres, non seulement des actions, mais aussi des obligations subordonnées remboursables en actions (OSRA) et des bons de souscription d’actions (BSA), pesant 27% du capital existant et 37% du capital dilué, à Foncière des Régions.

Malgré leurs récentes discussions, FdR et FPF ne sont pas parvenues à un accord sur la modification des termes d’échange des OSRA et des BSA, tout en maintenant la «pertinence» de ce projet industriel. Pour autant, plus personne ne semble croire à ce rapprochement dans les mois à venir. D’aucuns estiment même que la crise a permis aux deux foncières de trouver une bonne raison pour abandonner un projet qui a provoqué le mécontentement de plusieurs acteurs de la Place dès son annonce fin juillet.

En premier lieu, Cofitem, qui détient près de 25% du capital de FPF de concert avec PHRV, avait déclaré qu’il n’apporterait pas ses titres à l’offre, présentant une décote par rapport à son actif net réévalué (ANR). Des actionnaires insatisfaits n’ont d’ailleurs pas hésité à saisir l’AMF et d’autres se sont adressés à l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam).

Sur la base de l’offre actuelle de Batipart sur Eurosic offrant une décote de 5% sur l’ANR EPRA triple net, «en retenant l’ANR EPRA triple net publié par FPF (132,9 euros), la valeur de contrôle serait de 126,3 euros par action, soit 10,1% de plus que la valeur offerte initialement par l’opération (114,7 euros)», note Benoît Faure-Jarrosson, analyste chez Invest Securities, soit 35% de plus que la valorisation de vendredi dernier (93,4 euros).

Or, pour FdR, «la parité d’ANR offerte aux actionnaires [n’a] pas été remise en cause par les conditions de marché actuelles». Sur une stricte parité boursière, la prime offerte aux actionnaires de FPF reste en effet autour de 2%, les deux titres ayant cédé de 18 à 19% entre le 26 juillet et le 2 septembre.

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