Foncière des régions profite de la flambée du marché des convertibles

Elle a placé pour 345 millions d’euros d’Ornane pour refinancer sa dette et des obligations remboursables émises en mai 2011
Olivier Pinaud

Foncière des régions (FdR) profite de l’ébullition du marché des convertibles pour refinancer sa dette ainsi et ses obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes (Ornane) émises en mai 2011. Le groupe d’immobilier a émis hier pour 345 millions d’euros de nouvelles Ornane avec une échéance fixée au 1er avril 2019.

Placés par BoA Merrill Lynch, CA CIB, HSBC et Natixis, ces nouveaux titres portent un taux d’intérêt nominal de 0,875%, dans le bas de la fourchette présentée aux investisseurs. Les Ornane émises en 2011, à échéance 2017, payaient un coupon de 3,4%. La prime de conversion, fixée à 32,5%, est nettement supérieure à celle de 20% des Ornane 2011. Le montant de 345 millions d’euros levé ira pour 170 millions au refinancement de la dette et pour 110 millions au rachat des Ornane 2011, le solde servant aux charges générales de la foncière.

FdR n’est pas le premier émetteur à profiter de l’engouement des investisseurs pour les convertibles afin de refinancer sa dette. Il y a deux semaines, Capgemini avait par exemple placé une Ornane pour racheter des obligations convertibles en circulation. «Avec la remontée des cours de Bourse, de nombreuses convertibles sont revenues dans leur zone de conversion. L’émetteur a donc la possibilité de les convertir ou d’en émettre une nouvelle. Ces instruments se gèrent finalement comme des encours de dette», indique Cyril Court, responsable de l’Equity capital market pour l’Europe continentale chez HSBC.

Cette frénésie sur le marché des instruments dits «equity linked» est généralisée à toute l’Europe. Hier, CaixaBank a placé pour 594 millions d’euros d’obligations convertibles en actions Repsol (représentant 2,5% du capital du pétrolier) et le groupe de construction britannique Balfour Beatty a levé 250 millions de livres de convertibles. La liste devrait s’allonger dans les prochaines semaines. «Les grands investisseurs internationaux encore trop peu exposés au marché actions, notamment ceux qui avaient manqué le rally de la Bourse japonaise, profitent de ces opportunités pour prendre plus d’actifs risqués», explique Cyril Court.

Quant aux émetteurs, ils sont incités à se lancer aujourd’hui avant que le retour des craintes concernant la réduction des achats d’actifs de la Fed en début d’année prochaine ne vienne relancer la hausse des taux et la volatilité.

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