Fleury Michon rouvre le marché des BSAAR pour intéresser ses dirigeants
En vogue au milieu des années 2000, les émissions de bons de souscription et / ou d’acquisition d’actions remboursables (BSAAR) s'étaient raréfiées ces derniers mois. Fleury Michon vient de rouvrir le marché à l’occasion d’un plan d’intéressement de l’ensemble de ses salariés. Les BSAAR étaient réservés aux 11 membres du comité de direction. 8 ont souscrit à l’opération. En parallèle, des actions de performance ont été attribuées aux 70 managers tandis que tous les autres salariés français (environ 3.000) percevront 30 actions gratuites chacun.
«Alors que le groupe a grandi depuis l’introduction en Bourse de 2000, les actionnaires familiaux et la direction ont souhaité renforcer le poids des salariés au capital», explique Jean-Louis Roy, directeur financier de Fleury Michon. Après ces opérations, et en supposant l’exercice de l’intégralité des BSAAR, les salariés pourraient détenir 4,5% supplémentaires, contre 4% environ aujourd’hui via le fonds commun de placement d’entreprise. Afin de limiter la dilution, les actions gratuites ont été puisées dans l’auto-contrôle de la société. S’ils sont exercés, les 61.000 BSAAR entraîneront eux la création d’un montant identique de nouvelles actions, sur un total de 4,3 millions de titres actuellement en circulation.
«Ces dernières années, compte tenu de la baisse des cours de Bourse, les entreprises avaient peu intérêt à diluer le capital à ces niveaux de valorisation. La volatilité était également pénalisante. Aujourd’hui, les conditions sont devenues plus favorables pour réaliser ce type d’émission», explique Jean-Michel Moinade, directeur associé chez Oddo Corporate Finance, conseil de la société. Selon lui, les BSAAR présentent plusieurs avantages: «A la différence des autres instruments de performance, les BSAAR offrent un effet de levier intéressant. De plus, à la différence des actions gratuites, qui ont un coût pour l’entreprise, les BSAAR, qui sont des options payantes pour le bénéficiaire, ne passent pas par le compte de résultat.»
En revanche, les mesures fiscales de 2012 ont alourdi le coût du plan. «Nous estimons le surcoût lié à ces mesures fiscales à environ 400.000 euros», reconnaît le directeur financier de Fleury Michon, sur un coût total de 5 millions pour le groupe.
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