Fiat résiste moins bien que Volkswagen au ralentissement des pays émergents

Chahuté par le Brésil, le constructeur italien révise en baisse ses prévisions annuelles, alors que son concurrent allemand maintient les siennes
Yves-Marc Le Reour

La similarité des chiffres peut parfois être trompeuse. Volkswagen et Fiat affichent ainsi tous deux sur les 9 premiers mois de l’année une progression de 1% de leur chiffre d’affaires (à respectivement 145,7 milliards et 62,8 milliards d’euros), accompagnée d’une baisse d’un peu plus de 3% de leur bénéfice d’exploitation, qui s’élève à 8,6 milliards pour le premier et à 2,5 milliards pour son concurrent italien.

Mais la diversité des implantations géographiques et du portefeuille de marques de Volkswagen, stimulé par le succès de Porsche, lui a permis de réitérer son objectif d’une croissance de ses ventes et d’une stabilité du bénéfice d’exploitation pour l’ensemble de l’exercice, dans un environnement économique jugé «extrêmement difficile». A contrario, Fiat anticipe désormais un chiffre d’affaires annuel dans le bas de la fourchette de 88 à 92 milliards précédemment attendue. Son bénéfice d’exploitation devrait ressortir entre 3,5 et 3,8 milliards, soit un écart de 15% par rapport à ses estimations antérieures.

Si des effets défavorables de change expliquent en partie ces révisions, le Brésil, qui représente environ un quart des résultats de Fiat, a pesé lourd dans la balance. Le repli sur 9 mois de 3% de ses ventes en volumes dans ce pays a largement contribué à la baisse d’un tiers de son bénéfice d’exploitation en Amérique latine, sans avoir pu être compensé par la zone Europe qui enregistre encore une perte opérationnelle de 304 millions.

La confiance plus importante de Volkswagen est également liée à son assise financière. Le constructeur allemand fait état d’une liquidité nette de 16,6 milliards d’euros de sa division automobile au 30 septembre, en progression de 58% sur 9 mois. Son homologue italien annonce de son côté une liquidité totale de 20,1 milliards (dont 3,1 milliards de lignes de crédit non tirées), mais elle se limite à 10,7 milliards hors Chrysler, dont la mise en Bourse est envisagée «avant la fin de l’année».

La dette nette industrielle de Fiat a par ailleurs augmenté de 27,5% à 8,3 milliards en 9 mois, l’essentiel de la dégradation ayant eu lieu au troisième trimestre. Le groupe anticipe donc «une dette comprise entre 7 et 7,5 milliards à fin 2013», contre environ 7 milliards auparavant. Tandis que l’action Volkswagen a progressé de 5,6%, le titre Fiat a terminé sur un repli de 2,2%.

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