FFP devient le théâtre public des divergences stratégiques de la famille Peugeot
La réunion inédite organisée fin juin par les Peugeot, et dont la tenue a été révélée par l’Agefi, ne sera pas de trop pour réfléchir à une nouvelle forme d’unité familiale. Hier, l’assemblée générale de la holding cotée FFP, dans laquelle est logée une partie des titres Peugeot SA, a été le théâtre public des divergences internes.
Présidée par Robert Peugeot, FFP a fait voter une résolution visant à écarter Thierry Peugeot du conseil d’administration de la holding, son mandat arrivant à échéance. «J'étais candidat au renouvellement de mon poste et je regrette cette résolution», a lancé Thierry Peugeot, debout face à son cousin Robert. Car en plus du «signe malheureux de désunion de la famille», ce départ «marque l’affaiblissement d’Etablissement Peugeot Frères (premier actionnaire de FFP avec 79% du capital, ndlr) qui ne détiendra plus que cinq représentants pour autant d’administrateurs indépendants», a poursuivi Thierry Peugeot. Marie-Hélène et son frère Xavier, tous deux administrateurs de FFP, ont voté contre l'éviction de leur frère. Ses cousins Jean-Philippe, Christian et Robert ont voté pour son départ.
Interpelé par plusieurs actionnaires minoritaires sur les raisons du non-renouvellement du mandat de son cousin, Robert Peugeot a simplement répété que «la réduction du nombre d’administrateurs s’inscrit dans le cadre des actions proposées à l’issue des résultats de l’évaluation du fonctionnement du conseil d’administration menée au titre de l’exercice 2014». Une explication juridique qui masque les divergences familiales, entre les défenseurs d’une implication industrielle et financière forte chez Peugeot SA et les partisans d’une politique de diversification du patrimoine, à l’image de celle menée par Robert Peugeot via FFP. Son mandat arrive à échéance en 2017, année de ses 67 ans.
«N’aurait-il pas été préférable de réinvestir l’an dernier au capital de Peugeot SA plutôt que de nous diversifier ?», a interrogé un actionnaire minoritaire de FFP, alors que le cours de Bourse de PSA a gagné 80% depuis l’augmentation de capital de mai 2014 contre un gain de 55% pour FFP. Selon Robert Peugeot, FFP a cherché «l’équilibre entre l’attachement essentiel que nous avons pour PSA, un attachement évident – il est même curieux qu’il faille le répéter» et la capacité de la holding à distribuer un dividende. Un équilibre dont pourront débattre les générations de la famille Peugeot fin juin.
Plus d'articles du même thème
-
«Notre crainte est que le marché du crédit reste volatil»
Benoist Grasset, gérant high yield chez Generali Investments -
«Les marchés ne semblent pas croire à une appréciation durable du yen»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
François Heilbronn : « L’antisémitisme est devenu une opinion parmi d’autres »
Le professeur affilié à Sciences Po, aussi membre du Crif, regrette l’absence de « conséquence politique négative apparente » après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella -
Guerre en Ukraine : le ministre de la Défense ukrainien confirme le retour à la normale de Starlink
« Nous enregistrons des vitesses supérieures à 400 km/h et la connexion est stable », s’est réjoui Ievheni Khmara, samedi 24 octobre. Le mystère règne sur le commanditaire du ralentissement de la connexion des équipements ukrainiens au réseau satellitaire -
Tirs à Trappes et à La Verrière : Macron dénonce un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste »
Pour le président de la République, la nation est à « un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Des propos critiqués par Jordan Bardella, Jérôme Guedj ou encore Sarah Knafo