Faurecia taille dans sa base de coûts fixes en Europe
Après avoir le mois dernier revu à la baisse sa prévision de résultat pour l’exercice en cours, Faurecia a profité hier de sa présentation annuelle aux investisseurs pour préciser les conséquences du marasme prolongé du marché automobile européen sur ses perspectives à moyen terme.
Afin d’atteindre un chiffre d’affaires de 22 milliards d’euros en 2016, correspondant à une croissance annuelle moyenne de 6 à 7%, l’équipementier veut amoindrir sa dépendance à l’Europe où ses ventes (hors Russie) devraient se replier en valeur de 1% sur la période. Elles afficheront une légère croissance (+0,5%) à 8 milliards si l’on y inclut le marché russe sur lequel Faurecia entend accélérer sa pénétration.
Cette réorientation passe par «une extension de son dispositif industriel en Europe de l’Est» au détriment de l’Europe de l’Ouest, où il supprimera 1.500 postes sur chacune des années 2012 et 2013, soit une baisse d’environ 7,5% de ses effectifs européens. «Il faut maintenant attendre le processus d’information des représentants du personnel des pays concernés», a simplement indiqué un porte-parole de Faurecia. Cette réorganisation se traduira par des charges de restructuration de 100 millions d’euros cette année et de 90 millions durant le prochain exercice. Ces mesures devraient entraîner «une diminution de sa base de coûts fixes en Europe de 50 millions en 2013 et de 100 millions en 2014».
L’équipementier automobile anticipe aussi une hausse de 11% de ses ventes sur le marché nord-américain à 4,3 milliards d’euros en 2016, avec une rentabilité atteignant «rapidement» le seuil de 5%. Son expansion en Asie (ventes en hausse de 25% à 3,4 milliards) sera surtout tirée par un quasi-doublement des sites de production en Chine (55 contre 30 l’an dernier), la rentabilité de cette région restant «nettement supérieure à la moyenne du groupe».
Au total, le groupe prévoit de réaliser «64% de son bénéfice d’exploitation et 55% de ses ventes» sur les marchés extra-européens en 2016, contre respectivement 36% et 37% l’an dernier.
Mais son objectif d’une marge d’exploitation consolidée supérieure à 5% est repoussé de 2014 à 2016 à cause de l’Europe. Avec des investissements d’au plus 550 millions d’euros par an, il s’attend à un cash-flow libre équilibré en 2014 et positif par la suite. En conséquence, son ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation s’établirait à 0,5 fois fin 2016 contre 1,1 fois au 31 décembre 2011.
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