Face aux géants du web, les éditeurs de contenu en appellent à l’Europe
Les désaccords sur les prix des contenus dématérialisés entre les éditeurs et les géants du web, Amazon et Google en tête, ne font que commencer. Les principaux distributeurs en ligne n’hésitant pas à profiter de leur position dominante pour peser sur les négociations, les producteurs de biens culturels dématérialisés peinent à obtenir un prix qu’ils jugent «raisonnable» pour leurs produits. Ces derniers se plaignent même des pressions exercées sur eux qui peuvent prendre la forme de déréférencements, l’impossibilité de précommander une œuvre voire un détournement du trafic de leurs propres sites.
Il est, par exemple, impossible de précommander un film du catalogue de Warner Bros sur le site américain de ventes en ligne. L’entreprise de Jeff Bezos chercherait «à augmenter sa marge sur les ventes de DVD et des versions digitales des films produits par Warners Bros», selon l’agence Bloomberg. Autre exemple, l’offre commerciale de diffusion de contenus en streaming en cours de lancement d’Amazon, exclut pour le moment les artistes produits par Universal faute d’un accord sur les prix.
En France, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, a vivement réagi fin mai à un conflit similaire opposant Amazon à Hachette Livre, détenu par Lagardère Publishing : «faire du chantage aux éditeurs en restreignant l’accès du public aux livres de leurs catalogues pour leur imposer des conditions commerciales plus dures n’est pas tolérable». Le différend porterait principalement sur les e-books. Amazon exigerait une baisse des prix de vente, n’hésitant pas à limiter la distribution des supports physiques édités par Hachette dont The Silkworm (Le ver à soie) le nouveau roman de J.K. Rowling.
Vendant au Royaume-Uni 78% des e-books édités par Hachette, 60% aux Etats-Unis, selon les chiffres publiés par le groupe Lagardère, Amazon dispose effectivement d’un levier important. Inquiet, le Conseil National du Numérique (CNNum) a rendu, mi juin, un avis sur la neutralité des plates-formes, précisant le positionnement que devra adopter la France au sein de l’Union européenne. Il recommande notamment la création d’agences de notation de la neutralité ou l’introduction de nouvelles notions comme le principe de loyauté dans les relations commerciales.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester