Euskaltel gagne des marges de manœuvre en entrant en Bourse
Le cours de l’action de l’opérateur télécom espagnol a été fixé à 9,5 euros. Le secteur connaît une vague de concentrations.
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Antoine Landrot
Le début de redressement de l’économie espagnole favorise les aventures en Bourse. Alors que la concentration du secteur des télécoms continue à animer le marché en Europe, le câblo-opérateur régional Euskaltel a annoncé le prix définitif de son action, dont la cotation démarre aujourd’hui: à 9,5 euros, elle se situe légèrement en deçà de la moyenne de la fourchette de prix indicative, établie entre 8,7 et 11,05 euros. Euskaltel, qui opère essentiellement au Pays basque espagnol, capitalise ainsi 1,2 milliard d’euros.
Les actionnaires historiques placent 63,5% du capital de l’opérateur, hors exercice de l’option de surallocation. Si l’option est intégralement exercée, la proportion du capital introduit en Bourse passera à 69,9%, indique le prospectus. Les banques JPMorgan et UBS sont chefs de file et assurent la tenue des livres d’ordres de l’opération.
Jusqu’à présent, International Cable, véhicule qui regroupe les fonds italien Investindustrial et américain Trilantic Capital Partners, contrôlait 48,1% d’Euskaltel, Kutxabank, issue de la fusion de trois caisses d’épargne basques, détenait 42,8%, sa filiale Araba Gerta, 7,1% et l’électricien espagnol Iberdrola, 2%. L’opérateur a indiqué dans son prospectus que Kutxabank jouera le rôle d’actionnaire de référence, en conservant 30,1% de son capital.
C’est une bonne affaire pour les actionnaires d’International Cable. Lorsqu’ils ont acquis leur participation dans Euskaltel en octobre 2012, l’opérateur était valorisé moins de 500 millions d’euros.
Selon Expansion, Corporacion Financiera Alba, holding d’investissement du groupe familial March, devient, à l’occasion de l’IPO, l’un des premiers actionnaires d’Euskaltel. Le quotidien économique espagnol cite d’autres nouveaux arrivants: George Soros, BlackRock, la banque Lazard, Artemis et York Capital.
A l’image du reste de l’Europe, le secteur des télécommunications espagnol traverse une phase de recomposition depuis l’année dernière. Le britannique Vodafone a acquis Ono, tandis que le français Orange vient de s’emparer de Jazztel. Telefonica, le principal opérateur national, s’est diversifié dans la télévision payante en achetant DTS. Euskaltel aura les coudées plus franches pour jouer un rôle.
Cette activité, soutenue par le contexte économique, pousse au retour des introductions en Bourse à Madrid. L’opérateur de tours de communication Cellnex Telecom, coté par le groupe espagnol Abertis en mai dernier, a été valorisé plus de 3,2 milliards d’euros.
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