Eurosic et Siic de Paris alimentent les mouvements capitalistiques chez les foncières

Eurosic veut racheter à Realia son bloc de 58,95% chez Siic de Paris au prix de 21,77 euros par action, sous réserve que SFL renonce à son droit de préemption
Bruno de Roulhac

Concentration dans les foncières. Eurosic s’apprête à prendre le contrôle de SIIC de Paris. Dans le mouvement actuel de retrait des actionnaires espagnols de l’immobilier français, Eurosic vient d’entrer en exclusivité avec l’espagnol Realia pour lui racheter sa participation de 58,95% dans SIIC de Paris, au prix de 22 euros (dividendes versés en 2014 attachés) par action en numéraire, soit un prix actuel de 21,77 euros, compte tenu de l’acompte de 0,23 euro versé le 15 mai dernier.

Le prix offert, valorisant la foncière 938 millions d’euros, représente une prime de 13,4% sur le cours de Bourse de lundi, et une décote de 9,7% sur l’actif net réévalué (ANR) de liquidation fin 2013. Un prix en ligne avec les attentes du marché. Le mois dernier, Invest Securities anticipait une OPA à 21,5 euros. Hier soir, l’action SIIC de Paris s’ajustait à 21,4 euros (+11,52%).

Compte tenu du pacte d’actionnaire conclu en novembre 2010 entre Realia et Société Foncière Lyonnaise (SFL), qui détient 29,6% du capital, cette dernière dispose d’un droit de préemption. Et pour le moment, elle n’y a pas renoncé. Contactée par L’Agefi, SFL se refuse à tout commentaire à ce stade. Son conseil devrait se réunir dans les prochains jours pour statuer sur la position à adopter. Le dossier n’est donc pas clos, d’autant que SFL dispose d’un droit de sortie conjointe. Dans l’hypothèse où SFL renonce à son droit de préemption, Eurosic devra alors déposer une OPA obligatoire sur les minoritaires.

Avec cette cession Realia empochera 559 millions d’euros, soit une moins-value de 82 millions par rapport à la valeur comptable de 24,84 euros par action de cette participation. Toutefois, le groupe espagnol avait pris le contrôle de la foncière française en 2006 au prix de 30 euros par action. Realia compte ainsi réduire sa dette, de 2,11 milliards d’euros fin mars, mais aussi réinvestir en Espagne.

Fin 2013, SIIC de Paris disposait d’un patrimoine immobilier de 1,5 milliard d’euros, quasi-exclusivement de bureaux situés dans Paris (66%) et à La Défense (26%). Son ratio d’endettement (loan to value) ressortait en fin d’année à 30,7%. Par cette acquisition, Eurosic, de taille équivalente avec un patrimoine de 1,4 milliard d’euros, se renforcerait dans les bureaux, qui pesaient fin 2013, 68% de son patrimoine, contre 13% de logements et 19% de diversifications.

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