Europcar mise sur sa décote pour échapper aux écueils du marché

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Olivier Pinaud

Eurazeo va faire face à des marchés chaotiques pour mener à bien l’introduction en Bourse d’Europcar, la principale ligne de son portefeuille. Hier, pour sa première journée de souscription, la CAC 40 a plié de 1,71% sous l’effet des inquiétudes dues au dossier grec. Dans ce contexte compliqué, Philippe Germond, le président du directoire d’Europcar, s’attache à vanter les mérites du numéro un européen de la location de voitures.

«Le plan de transformation lancé en 2011 n’a produit que la moitié de ses effets», assure Philippe Germond, chiffres à l’appui : la marge d’Ebitda devrait dépasser les 13% en 2017, contre 10,8% en 2014 et 4,7% en 2011. Europcar semble également revenu sur une trajectoire de croissance, porté par la tendance des ménages à renoncer à l’achat d’un véhicule au profit des solutions de location ou de mobilité urbaine. Au premier trimestre 2015, le loueur a dégagé une croissance du chiffre d’affaires de 7,4%. Elle était de 7,1% au dernier trimestre 2014 et de 3,4% pour l’ensemble de l’exercice.

Autre élément sur lequel Europcar et Eurazeo comptent s’appuyer pour réussir l’IPO : la décote offerte aux investisseurs. La fourchette de prix d’introduction a été fixée entre 11,5 et 15 euros par action. Elle valorise les fonds propres d’Europcar entre 1,67 milliard et 2,1 milliards d’euros. Avec la dette corporate résiduelle post-IPO, qui sera réduite grâce aux 475 millions d’euros de l’augmentation de capital, la valeur d’entreprise s'élèverait entre 2 et 2,5 milliards d’euros, soit 8 fois environ l’Ebitda estimé pour 2016. «En bas de fourchette, c’est environ 15% de moins qu’Avis», calcule une source financière.

Eurazeo avait intérêt à se montrer relativement modeste en matière de valorisation. Il est présent au capital depuis mai 2006 et a engagé 885 millions d’euros dans l’opération. Cette IPO doit lui permettre d’engager sa sortie. Eurazeo va vendre directement et indirectement 33 millions de titres, ce qui lui permettra de récupérer entre 380 et 495 millions. La société d’investissement conservera encore entre 36% et 39% du capital. Elle s’est engagée à ne pas céder de nouvelles actions avant 6 mois.

La fixation du prix de l’offre est prévue le 25 juin, pour une cotation sur Euronext Paris le 30 juin. Deutsche Bank, Goldman Sachs et la Société Générale sont coordinateurs globaux. BNP Paribas, HSBC, Crédit Agricole et Morgan Stanley interviennent en tant que teneurs de livres associés. CM-CIC est co-chef de file.

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