Eurial et Agrial consolident la filière lait en France
La fin des quotas laitiers en Europe et les pressions sur les prix accélèrent la consolidation du secteur coopératif agricole. Eurial et Agrial ont publié cette semaine leurs bans, après quelques vicissitudes, en vue d’une fusion en deux temps, à horizon juin 2016. Le nantais Eurial, détenu par cinq coopératives, est connu du grand public pour ses marques Soignon ou Grand Fermage. Le caennais Agrial, qui avait émis à l’automne 2013 un emprunt obligataire Euro PP de 95 millions d’euros, est présent dans le lait, mais aussi dans les légumes (Florette…) et dans les cidres et jus. Le nouveau groupe pèsera 2,35 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Sur le plan juridique, la fusion se fera en plusieurs étapes. Eurial SAS et Filae, la holding de la branche lait d’Agrial, avaient amorcé leur rapprochement il y a quelques années en prenant des participations croisées de 30% à 35%. Celles-ci seront débouclées, sur la base des valeurs de l’époque, qui étaient de 30 et 33 millions d’euros respectivement, selon un proche du dossier.
Les cinq coopératives d’Eurial apporteront ensuite leurs titres de la SAS à Filae. Elles devraient devenir actionnaire à hauteur de 49% de la holding, contre 51% pour Agrial, après une probable injection de cash de la part de cette dernière. Le cabinet d’audit KPMG est chargé des travaux de valorisation, aucune banque conseil n’étant impliquée dans le dossier. Le processus de rapprochement doit aboutir cet automne, et Filae sera alors rebaptisée Eurial, marque choisie pour porter l’activité lait en France et à l’international.
En juin 2016, les coopératives actionnaires de ce nouvel Eurial fusionneront à leur tour, et un nouveau transfert de titres aura lieu. Toutes les coopératives seront actionnaires d’une structure Agrial Entreprise, qui contrôlera à son tour leurs activités dans l’aval: la transformation du lait à travers la holding Eurial, et les autres activités d’Agrial.
Il est en revanche un peu tôt pour établir la structure de bilan du nouvel ensemble. A fin 2014, Eurial affichait une dette comprise en 90 et 100 millions d’euros, essentiellement bancaire. Avant l’émission de son Euro PP, Agrial portait une dette nette de 444 millions d’euros. Des niveaux liés pour l’essentiel au financement du besoin en fonds de roulement.
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