Ericsson a intérêt à se désengager du capital de sa coentreprise avec Sony
Le fabricant de téléphones mobiles Sony-Ericsson serait à la veille d’une réorganisation de son actionnariat, selon plusieurs sources de presse. Plus précisément, Sony aurait l’intention de racheter la part de 50% détenue par son partenaire Ericsson dans leur coentreprise fondée voici dix ans. Le groupe nippon espère ainsi accroître sa flexibilité pour développer des terminaux multimédias et être en mesure de mieux les intégrer à son portefeuille de produits (PC, tablettes, consoles de jeux vidéo…).
Après un pic de 9% atteint en 2007, Sony-Ericsson a vu sa part de marché tomber à moins de 2% au deuxième trimestre 2011, en ayant connu des problèmes d’approvisionnement consécutif au tremblement de terre et au tsunami japonais. Au dixième rang mondial à fin juin sur un marché très concurrentiel, la coentreprise souffre désormais d’une taille critique insuffisante par rapport à Samsung ou HTC, autres utilisateurs du système d’exploitation «Android» de Google. Le groupe américain a en outre récemment pris directement pied sur ce marché en rachetant les terminaux de Motorola.
Jugeant que cette transaction potentielle «serait bénéfique aux deux parties», Haakan Wranne, analyste chez Swedbank, estime que la participation du suédois «pourrait être valorisée jusqu’à 1,4 milliard d’euros», l’incertitude principale portant sur la valeur de rachat des brevets détenus par Ericsson. Le bureau d’analyse de Credit Suisse est beaucoup plus prudent, en tablant sur une valeur d’entreprise globale d’un milliard d’euros, soit 0,2 fois le chiffre d’affaires attendu pour 2011. Sans appliquer de prime de contrôle, la quote-part d’Ericsson serait alors valorisée 375 millions après déduction de sa part de dette.
Compte-tenu d’une marge d’exploitation estimée à 2% à moyen terme pour Sony-Ericsson, la transaction «permettra à Ericsson de se concentrer sur son activité principale d’infrastructures fixes et surtout mobiles» qui afficherait une rentabilité d’exploitation supérieure à 14% en 2012, selon la banque helvétique. L’agence Fitch estime de son côté qu’un désengagement d’Ericsson éviterait à l’équipementier de fournir des garanties financières supplémentaires à la coentreprise, ces garanties ayant déjà presque doublé en un trimestre pour atteindre 230 millions d’euros à fin juin.
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