Engie engage un changement de profil à haute tension
Gérard Mestrallet et Isabelle Kocher seront assis côte à côte demain matin pour la présentation des résultats 2015 d’Engie. Les relations entre le PDG et sa directrice générale déléguée se sont pourtant refroidies ces dernières semaines. Arrivé au bout de son mandat, Gérard Mestrallet est parvenu à convaincre son actionnaire public de le prolonger à la présidence du groupe d’énergie deux années de plus, jusqu’en 2018. « Engie est engagé dans une réorientation de son modèle, avec de très gros enjeux. Il était nécessaire de conserver une forme de continuité dans la gouvernance », explique une source proche de l’Etat.
Organisé depuis sa création autour de gros actifs de production centralisée d’électricité, l’ex-GDF Suez est aujourd’hui déstabilisé par la chute des prix de l’énergie et par des surcapacités de production en Europe, dues en partie à l’arrivée sur le marché de l’électricité issue des énergies renouvelables. L’objectif de la nouvelle stratégie élaborée par Isabelle Kocher vise à réorienter Engie vers la production d’énergie décentralisée (c’est-à-dire plus proche du lieu de consommation), vers davantage de renouvelable et encore plus de services.
9,4 milliards d’euros de dépréciations
Mais ce revirement, quatre ans après la prise de contrôle totale d’International Power, coûtera cher. Après plus de 18 milliards d’euros passés depuis 2011, Engie devrait essuyer encore de lourdes pertes de valeurs dans ses comptes 2015. Les analystes de Raymond James attendent 9,4 milliards d’euros de dépréciations, provoquant une perte nette de 7 milliards. Le groupe devrait également annoncer un vaste plan de cessions d’actifs, pour un montant estimé à 11 milliards d’euros par JPMorgan.
Au-delà de ces chiffres, « Engie doit rassurer sur sa capacité de génération de résultats, sur ses priorités d’investissement et sur sa politique de dividende à la lumière d’un environnement énergétique durablement défavorable », réclamaient récemment les analystes de HSBC. Si tous ses concurrents souffrent des mêmes maux, Engie concentre plus de doutes. Son action a sous-performé le secteur européen de 37% en cinq ans. La question est notamment de savoir si l’Ebitda généré par le futur périmètre d’Engie, une fois disparue la contribution des actifs cédés, sera suffisant pour supporter le dividende de 1 euro minimum par action promis par le groupe, soit une sortie annuelle de cash de 2,8 milliards d’euros.
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