En se scindant, le laboratoire Elan alimente la spéculation sur son propre avenir
La direction d’Elan n’aura pas mis longtemps pour tirer les conclusions de l’échec de ses recherches avec Jonhson & Jonhson et Pfizer dans le traitement contre la maladie d’Alzheimer. Une semaine plus tard, elle a dévoilé un projet de scission visant à séparer les activités de biotechnologies du reste du groupe. «La création de ces deux entreprises cotées, indépendantes et spécialisées, permettra aux actionnaires d’aligner horizon d’investissement, risque et rendement afin d’atteindre au mieux leurs objectifs», explique la direction du laboratoire pharmaceutique irlandais, conseillée pour cette opération par Citigroup et Ondra Partners. La scission pourrait être effective d’ici à la fin de l’année 2012. Elan capitalisera sa filiale de recherche Neotope à hauteur de 120 à 130 millions de dollars et conservera entre 14% et 18% de son capital après la scission.
Cette opération a immédiatement relancé la spéculation sur l’avenir d’Elan, objet de rumeurs d’OPA depuis plusieurs mois, notamment de la part de Biogen avec lequel il développe en commun sa principale molécule en portefeuille, le Tysabri contre les scléroses. Ce médicament a généré 1,1 milliard de dollars de revenus en 2011, soit 85% du chiffre d’affaires total d’Elan. Kelly Martin, le directeur général du laboratoire, n’a d’ailleurs pas démenti les suspicions des investisseurs, affirmant lors de la conférence téléphonique d’hier qu’aucune mesure de protection du capital d’Elan n’est envisagée.
Les analystes de Deutsche Bank valorisent Tysabri entre 9,4 à 12,6 euros par action, ceux de Credit Suisse estimant le potentiel à 8,5 euros par action. Mais selon eux, la valeur d’Elan pourrait être augmentée de 3,7 euros par action pour tenir compte de la mise en place par un éventuel acquéreur de mesures économies. Sans compter qu’Elan repose sur 3,1 milliards de dollars d’actifs fiscaux non utilisés. Hier, le cours de l’action Elan a progressé de 4,9%, mais il affiche encore une baisse de quelque 13% depuis le début de l’année. Le laboratoire pharmaceutique capitalise 5,4 milliards d’euros.
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