En rachetant TNT Express, FedEx vient concurrencer DHL et UPS en Europe
L’américain FedEx s’offre le néerlandais TNT Express pour 4,4 milliards d’euros afin de créer un géant de la livraison de colis. Dans le cadre d’une OPA amicale, FedEx offre 8 euros en numéraire par action TNT Express, soit une prime de 33% sur le dernier cours et de 42% sur la moyenne des trois derniers mois. L’offre valorise TNT sur «un multiple de 20 à 25% au-dessus du groupe des pairs, proche des multiples d’UPS, hors synergies, avec un ratio valeur d’entreprise sur Ebitda 2016 de 13 fois», note Rabobank. TNT est conseillé par Goldman Sachs et Lazard, et FedEx par JPMorgan.
Les deux partenaires affirment avoir un «haut niveau de certitude» sur le succès de l’opération, avec un objectif de finalisation au premier semestre 2016. De quoi rassurer les marchés, alors que l’américain UPS avait échoué à la reprise de TNT Express à 9,5 euros par action, après le veto de Bruxelles en janvier 2013. «C’est une opération bien plus simple […] avec plus de complémentarité et moins de chevauchement», a déclaré Anthony Burgmans, président du conseil de surveillance de TNT Express, tout en précisant que les synergies – non chiffrées – bien inférieures aux 400 à 500 millions d’euros annuels attendus par UPS, expliquent le moindre prix. De fait, FedEx ne détient que 5% du marché européen contre 12% pour TNT. Mais le nouvel ensemble vient concurrencer les deux leaders en Europe, l’allemand DHL et l’américain UPS avec des parts de marché respectivement de 19% et 16%, selon Davy. FedEx mise sur la reprise européenne et «bénéficiera de la parité euro/dollar, qui a significativement amélioré son pouvoir d’achat en Europe (avec une parité actuelle de 1,09 contre 1,32 lors de l’offre initiale sur TNT en mars 2012) », note Davy.
En cas d’échec de l’opération, notamment si les autorités de la concurrence refusent leur feu vert, FedEx versera une indemnité de 200 millions d’euros à TNT. Ce dernier devra payer 45 millions de dédit en cas de dénonciation du protocole de fusion ou en cas d’acceptation d’une offre supérieure d’au moins 8% lancée dans les huit prochaines semaines. Un scénario «peu probable» selon Rabobank.
Le premier actionnaire de TNT, PostNL s’est engagé à apporter ses 14,7% du capital. Il devrait en dégager une plus-value de 200 millions d’euros, qui lui permettra de distribuer un dividende au titre de l’exercice 2016, anticipent Rabobank et Davy.
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