En fin de cycle, Publicis se fait distancer par ses concurrents
Publicis peine à se remettre de l’échec de son mariage avec Omnicom. L’activité du groupe de communication a considérablement ralenti ces derniers mois. Au troisième trimestre, la croissance organique du chiffre d’affaires est retombée à seulement 1%. De quoi contraindre Publicis à tirer un trait sur sa prévision annoncée en début d’année d’une croissance du chiffre d’affaires supérieure à 4%. Le groupe devrait finir 2014 avec une croissance de l’ordre de 1,5% seulement, alors que le consensus attendait entre 2% et 2,5%. Le cours de l’action a décroché de plus de 7% en début de séance hier, du jamais vu depuis 6 ans, avant de limiter son repli à 2,89% à la clôture.
Les conditions de marché n’y sont pour rien. Dans le même temps, son ancien fiancé Omnicom a dégagé une croissance organique de 6,5%. Et Interpublic a progressé de 6,3%. Signe que le ralentissement de Publicis tient avant tout à des problèmes internes. Les difficultés de l’agence numérique Razorfish ont par exemple coûté à l’ensemble du groupe 200 points de base de croissance sur le trimestre, a expliqué Maurice Lévy, le président du directoire, annonçant une réorganisation de cette agence. Le management a déjà été remplacé.
Le groupe «doit régler ces problèmes de croissance et utiliser sa trésorerie pour rattraper le retard sur ses concurrents», estiment les analystes d’Exane BNP Paribas. Selon ceux de Liberum, la croissance risque de rester faible jusqu’au troisième trimestre 2015, le temps de mettre en œuvre les restructurations.
Mais la transformation doit aller au-delà de ces restructurations. «Nous sommes à la fin d’un cycle», a reconnu hier Maurice Lévy, assuré pour sa part de rester à la tête de Publicis jusqu’au printemps 2017, soit deux années de plus que ce qui était initialement prévu. Le président du directoire présentera le 7 novembre un nouveau plan stratégique avec comme horizon l’année 2018. Publicis se doit de repartir à l’offensive au-delà du relèvement du dividende et des rachats d’actions déjà annoncés. Sa structure financière le lui permet. A fin septembre, sa dette nette n’était que de 63 millions d’euros contre 550 millions un an auparavant.
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