Emirates relance l’A380 d’Airbus
Airbus a annoncé jeudi avoir signé avec Emirates un protocole d’accord pour commander vingt A380, associé à une option sur 16 autres, pour un total de 16 milliards de dollars (13 milliards d’euros) au prix catalogue.
Ce contrat avec la compagnie du Golfe, de loin le premier client du très gros porteur, est considéré comme vital par Airbus pour l’avenir du programme, dont les cadences de production sont progressivement réduites en raison d’une faiblesse de la demande. Même si des compagnies telles que British Airways (groupe IAG) ont manifesté leur intérêt pour l’A380, Airbus hésitait à maintenir des usines sans la certitude d’une grosse commande d’Emirates. Le directeur commercial d’Airbus John Leahy, qui quittera ses fonctions à la fin du mois, a ainsi déclaré lundi que l’avionneur n’aurait d’autre choix que d’arrêter le programme en l’absence d’accord avec la compagnie du Golfe. Il avait ajouté qu’il espérait signer trois commandes d’ici 30 à 60 jours.
De son côté, Emirates, qui affichait fin décembre 142 A380 sur un total de 317 pour le programme, voulait de son côté une garantie qu’Airbus maintiendrait sa production pendant une décennie afin de protéger son investissement. «Je suis personnellement convaincu que d’autres commandes suivront l’exemple d’Emirates et que cet excellent avion continuera à être construit au cours de la décennie 2030», déclare le PDG de la compagnie, Cheikh Ahmed ben Saïd Al Maktoum, cité dans le communiqué. L’action Airbus accroît ses gains après cette annonce, s’adjugeant 2,26% à 91,76 euros en milieu de journée.
Sous l’effet de la concurrence de bimoteurs plus petits, Airbus compte toutefois réduire sa production d’A380 à 15 en 2017, 12 en 2018 et huit en 2019, à comparer à un pic annuel de 30 unités, en attendant une reprise de la demande. Le programme de l’avion, entré en service en 2007 et dont le développement a coûté 11 milliards d’euros, avait atteint l'équilibre financier pour la première fois en 2015 avec la livraison de 27 appareils.
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