Elliott bouscule la gouvernance de Samsung et des chaebols
L’heure des comptes a sonné chez Samsung. Les actionnaires de Samsung C&T, une filiale de construction du conglomérat, se prononcent aujourd’hui sur l’offre de rachat équivalente à 8,7 milliards de dollars que la société sœur Cheil Industries a déposée le 26 mai. La transaction doit permettre à la famille Lee de cimenter son contrôle sur le groupe alors qu’elle prépare la succession de son patriarche Lee Kun-hee, 73 ans, affaibli par un infarctus. Mais le projet se heurte à l’opposition farouche du fonds américain Elliott, qui juge que l’offre sous-évalue C&T. En partant à l’assaut de Samsung, l’activiste s’attaque aussi aux pratiques de gouvernance des chaebols, les conglomérats sur lesquels la Corée du Sud a bâti son essor économique.
Le vote, qui requiert la majorité des deux tiers, s’annonce serré. Elliott, actionnaire à 7,1%, a obtenu le soutien des agences de conseil en vote ISS et Glass Lewis. Aberdeen AM et le fonds de pension Canada Pension Plan se sont rangés de son côté, de même que l’entreprise locale Ilsung Pharmaceuticals, qui détient 2%. Face à lui, les différentes structures de l’empire Samsung soutiendront bien sûr l’offre de Cheil. Le National Pension Service, le fonds de pension coréen, devrait aussi voter pour, selon la presse locale.
Même s’il perd la bataille, Elliott s’est dit prêt à mener une guerre d’usure. Il a déjà pris dans Samsung SDI et Samsung Fire & Marine Insurance, actionnaires de C&T, des parts de 1%, seuil nécessaire en droit coréen pour poursuivre les administrateurs des deux entreprises. Le fonds pourrait les accuser de n’avoir pas défendu l’intérêt de leurs actionnaires. Elliott envisage aussi de détenir plus de 3% de l’entité combinée Cheil-C&T, seuil qui lui permettrait de faire convoquer des assemblées générales.
En Corée du Sud, l’affaire a déclenché une bataille médiatique où l’offensive d’Elliott est présentée comme une attaque étrangère contre les intérêts du pays. Mais elle sert aussi d’exutoire à la frustration croissante des investisseurs, domestiques et internationaux, contre les chaebols, dont les familles fondatrices s’assurent le contrôle grâce à un complexe réseau de participations croisées. Selon des avocats, la controverse pourrait pousser Séoul à revoir les règles de fusion entre sociétés sœurs afin de protéger davantage leurs actionnaires «externes».
Plus d'articles du même thème
-
Sodexo confirme les perspectives de son nouvel exercice
Conforté par une croissance supérieure aux attentes en 2025-2026, le groupe de restauration collective prévoit une hausse de 2% à 3% de son chiffre d'affaires à périmètre et taux de change constants. Lors de l'exercice clos fin août, le résultat net ajusté recule de 35 % à 508 millions d'euros. -
Safran garde le cap pour 2026 après un bon trimestre
L'équipementier aéronautique a enregistré un chiffre d'affaires de 9 milliards d'euros entre juillet et septembre, en hausse de près de 15%. -
Le cyber risque fait trembler les entreprises partout dans le monde
Le Global CEO Outlook de KPMG identifie cette menace comme la principale pesant sur la croissance des entreprises.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Le calme et la tempêteJordan Bardella : derrière la maîtrise affichée, les fragilités du dauphin
Jordan Bardella a affiché son sang-froid face aux révélations de Mediapart, mais peine à dissiper les doutes internes sur la faiblesse de son entourage, son autorité et sa capacité à élargir l’électorat. Un paradoxe à la veille du congrès, samedi, où il doit être réélu sans conteste à la tête du parti -
CarrièreEt si les seniors avaient plus à gagner qu’ils le croient avec l’IA
Dans un nouveau livre (parution le 5 novembre 2026), Christophe Aulnette, ex PDG de Microsoft France, explique comment les seniors peuvent relancer leur carrière et préparer la suite à l’ère de l’IA. Ils ont des atouts, à condition de se bouger ! -
Ce que l’on sait du virus Shamonda, qui a infecté un homme pour la première fois en France
Détecté pour la première fois chez un être humain, le virus Shamonda a aggravé l'état de santé d'un patient décédé depuis. Pour autant, les autorités n’identifient pas de risque pour la population générale