Elior tire parti de la flexibilité du marché obligataire
Elior profite de la course au papier high yield. Le groupe de restauration collective, contrôlé par Charterhouse, a négocié mi-avril une extension des maturités de ses prêts bancaires avant d’émettre 350 millions d’euros d’obligations à 7 ans à un coupon de 6,5%. Dans les deux cas, les financements permettaient la «portabilité» de la dette, une première pour un émetteur obligataire français en 2013. A l’échelon européen, une poignée d’entreprises seulement, comme Cerved, ont levé des titres avec une telle option.
Le mécanisme consiste en fait à rendre inopérantes les classiques clauses de changement de contrôle. Celles-ci obligent un émetteur à racheter ses obligations à 101% du pair, donc avec une prime, dès lors qu’il est repris à plus de 50% par un tiers. Alors que Charterhouse cherche depuis des mois à céder Elior pour un prix espéré de 3,5 à 4 milliards d’euros, cette disposition complique les processus de vente. Le groupe a donc obtenu que la clause de changement de contrôle ne soit pas déclenchée. Cette option ne sera valable qu’une fois sur la durée de vie des obligations, et à une condition: respecter un ratio de dette sur Ebitda inférieur à 5 fois lors des 18 premiers mois et à 4,75 fois ensuite.
«En ce moment, le marché est très demandeur de titres à haut rendement, ce qui permet d’émettre des obligations avec des conditions moins contraignantes», indique un investisseur.
Les quelque 1,7 milliard d’euros de prêts bancaires d’Elior permettent aussi de faire sauter la clause de changement de contrôle, à la condition que l’acquéreur fasse partie d’une liste de 30 noms, prédéterminée. Les prêts ont aussi été amendés pour faciliter une entrée en Bourse, une voie qui pourrait redevenir d’actualité alors que Charterhouse peine à vendre le groupe.
Pour son émission obligataire, Elior a aussi opté pour une structure de moins en moins rare lors des refinancements de LBO. Les titres ont été levés par un véhicule dédié (SPV) de droit luxembourgeois, et le produit a été prêté à la société dans le cadre d’une nouvelle tranche intégrée au contrat de crédit senior existant. «Le SPV étant considéré comme un prêteur, cette structure permet aux obligations de bénéficier indirectement du même nantissement consenti au bénéfice des créanciers bancaires», relève Colin Chang, associé chez White & Case et conseil des banques chargées du placement (JPMorgan, CA CIB, HSBC et Nomura).
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