Elior dévoile une perte annuelle et s’envole en Bourse
Le groupe de restauration collective et de concessions Elior a relevé mercredi sa prévision de croissance organique pour l’exercice 2022-2023 et confirmé ses objectifs pour l’exercice suivant, dans le sillage de la publication de résultats pénalisés par les tensions inflationnistes pour les 12 mois clos le 30 septembre 2022.
Pour l’exercice 2022-2023, Elior table désormais sur une croissance organique du chiffre d’affaires d’au moins 8%. Le groupe visait auparavant une croissance d’au moins 7%. Elior anticipe également une marge d’Ebita ajusté comprise entre 1,5 % et 2% et des dépenses d’investissement comprises entre 1,5 % et 1,7% du chiffre d’affaires.
A moyen terme, Elior vise une croissance organique annuelle moyenne du chiffre d’affaires d’au moins 7% pour les exercices 2023-2024 et 2024-2025. Le groupe a confirmé son objectif d’une marge d’Ebita ajusté d’environ 4% en 2023-2024. Il entend reprendre la distribution de dividendes au titre de ce même exercice.
Lourde perte
Sur l’exercice clos le 30 septembre 2022, Elior a accusé une perte nette part du groupe de 427 millions d’euros, contre une perte de 100 millions d’euros en 2020-2021.
Elior a par ailleurs dégagé une perte d’Ebita ajusté des activités poursuivies - le résultat opérationnel courant retraité de certains éléments - de 48 millions d’euros, après une perte de 64 millions d’euros en 2020-2021.
En excluant les pertes de Preferred Meals aux Etats-Unis, la perte d’Ebita ajusté ressort à 6 millions d’euros. Le groupe visait un Ebita ajusté, hors Preferred Meals, «autour de l'équilibre». Cette activité de production et distribution de plats préparés, frais et surgelés, avait été acquise en 2016 et cédé en septembre 2022.
Le chiffre d’affaires de l’exercice 2021-2022 s’est établi à 4,45 milliards d’euros, en hausse de 20,6% à données publiées et de 18,3% hors effets de change et périmètre. Sur le seul quatrième trimestre, les revenus du groupe ont augmenté de 12,2% sur une base organique, après une hausse de 20,3% sur les neuf premiers mois de l’exercice.
L’endettement financier net s'établissait fin septembre à 1,22 milliard d’euros, contre 1,11 milliard d’euros au 30 septembre 2021. Lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, la directrice financière du groupe, Esther Gaide, a précisé que l’endettement était resté stable au second semestre.
De son côté, le PDG du groupe, Bernard Gault, a confirmé que les tensions inflationnistes restaient très fortes. Le dirigeant a affiché sa détermination à relever ses prix, seul moyen de restaurer ses marges, malgré la résistance du secteur public.
L’action s’envole
Selon un consensus compilé par FactSet, les analystes tablaient en moyenne sur une perte nette de 254 millions d’euros, sur une perte d’Ebita ajusté de 43 millions d’euros et sur un chiffre d’affaires de 4,39 milliards d’euros, en croissance organique de 17,7%.
Les comptes annuels d’Elior n’ont pas réservé de grandes surprises, commente Stifel. Du côté positif, l’intermédiaire financier retient l’amélioration de la dynamique des nouveaux contrats nets et, du côté négatif, la faiblesse persistante des fonds propres. Concernant l’exercice en cours, le bureau d'études souligne que la prévision de chiffre d’affaires est légèrement supérieure au consensus mais semble encore prudente. L’objectif de rentabilité, lui, est conforme aux attentes même s’il pourrait être difficile à atteindre au vu du contexte inflationniste, ajoute Stifel. Ce dernier reste préoccupé par la situation financière du groupe, avec une dette nette toujours plus de deux fois supérieure à son niveau d’avant Covid.
Les analystes d’UBS ont de leur coté jugé que la publication de résultats conformes aux attentes «devrait rassurer». A la Bourse de Paris, ce soulagement était palpable. Dans l’après-midi mercredi, l’action Elior bondissait de 8%, à 2,56 euros. Elle perd encore 60% depuis le début de l’année.
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