Si les élections européennes ont livré leur verdict ce dimanche soir, beaucoup de questions doivent encore trouver des réponses.
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Lucas Tripoteau, à Bruxelles
Les élections européennes se sont déroulées du 23 au 26 mai 2019.
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Crédit European Union EP.
La première indication de cette soirée concernait le taux de participation : 50,5%. Soit le plus haut taux depuis vingt ans. «C’est la première grande nouvelle de la soirée. L’Europe est de retour, l’Europe est populaire», s’est félicité à ce titre le centriste belge, Guy Verhofstadt.
Mais au-delà de ce taux de participation, c’est bien la question des résultats des différentes familles politiques, et en particulier de ceux des Eurosceptiques, qui était sur toutes les lèvres.
Alors on l’a vu, en France, c’est le Rassemblement national qui est sorti vainqueur de ces élections, avec 23,53% des suffrages (résultats à 0h00). La République en Marche arrive ensuite en deuxième position avec 22,47%, et on retrouve Europe Écologie Les Verts sur la dernière marche du podium avec 13,13%.
À l’échelle européenne, l’image est différente. Au vu des projections du Parlement européen données dans la soirée de dimanche sur la base des groupes actuels, les chrétiens-démocrates du Parti populaire européen (PPE) obtiendraient 178 députés, les socialistes et démocrates (S&D) 152 députés, les libéraux de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe (ADLE) 108 députés, et les écologistes du groupe Verts/ALE 67 députés. Ensemble, les conservateurs et les eurosceptiques obtiendraient 169 députés et les forces de gauche radicale 39 parlementaires.
Dans le cadre du nombre actuel de députés européens (hors Brexit), à 751, la donne change donc. Jusqu’ici, le PPE et le S&D pouvaient former, à eux deux, une majorité pour faire passer les textes négociés. Or, dans la configuration du Parlement européen tel qu’il résulte de ces projections, les alliances entre groupes politiques devront être élargies. Les groupes PPE et S&D devraient en effet s’allier avec les libéraux ou les écologistes pour faire voter un texte.
Ce, en excluant les incertitudes qui résulteraient d’une sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne et le départ des députés britanniques.
Les prochains mois seront donc à observer avec une attention toute particulière. En attendant, dans cette séquence post-électorale, c’est la question de la Présidence de la Commission européenne et du respect ou non du processus du Spitzenkandidat qui doit trouver une réponse. Le comportement de chaque groupe sera également scruté. Les chefs d’État et de gouvernement se retrouvent quoiqu’il en soit mardi pour aborder le thème des nominations aux postes-clefs de l’UE.
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