Élections européennes : quelle UE maintenant ?
La première indication de cette soirée concernait le taux de participation : 50,5%. Soit le plus haut taux depuis vingt ans. «C’est la première grande nouvelle de la soirée. L’Europe est de retour, l’Europe est populaire», s’est félicité à ce titre le centriste belge, Guy Verhofstadt.
Mais au-delà de ce taux de participation, c’est bien la question des résultats des différentes familles politiques, et en particulier de ceux des Eurosceptiques, qui était sur toutes les lèvres.
Alors on l’a vu, en France, c’est le Rassemblement national qui est sorti vainqueur de ces élections, avec 23,53% des suffrages (résultats à 0h00). La République en Marche arrive ensuite en deuxième position avec 22,47%, et on retrouve Europe Écologie Les Verts sur la dernière marche du podium avec 13,13%.
À l’échelle européenne, l’image est différente. Au vu des projections du Parlement européen données dans la soirée de dimanche sur la base des groupes actuels, les chrétiens-démocrates du Parti populaire européen (PPE) obtiendraient 178 députés, les socialistes et démocrates (S&D) 152 députés, les libéraux de l’Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe (ADLE) 108 députés, et les écologistes du groupe Verts/ALE 67 députés. Ensemble, les conservateurs et les eurosceptiques obtiendraient 169 députés et les forces de gauche radicale 39 parlementaires.
Dans le cadre du nombre actuel de députés européens (hors Brexit), à 751, la donne change donc. Jusqu’ici, le PPE et le S&D pouvaient former, à eux deux, une majorité pour faire passer les textes négociés. Or, dans la configuration du Parlement européen tel qu’il résulte de ces projections, les alliances entre groupes politiques devront être élargies. Les groupes PPE et S&D devraient en effet s’allier avec les libéraux ou les écologistes pour faire voter un texte.
Ce, en excluant les incertitudes qui résulteraient d’une sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne et le départ des députés britanniques.
Les prochains mois seront donc à observer avec une attention toute particulière. En attendant, dans cette séquence post-électorale, c’est la question de la Présidence de la Commission européenne et du respect ou non du processus du Spitzenkandidat qui doit trouver une réponse. Le comportement de chaque groupe sera également scruté. Les chefs d’État et de gouvernement se retrouvent quoiqu’il en soit mardi pour aborder le thème des nominations aux postes-clefs de l’UE.
Plus d'articles du même thème
-
La FAO mobilise des investisseurs pour renforcer les systèmes agricoles vulnérables
L’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation a collecté plus de 20 milliards de dollars pour renforcer les systèmes agricoles des communautés les plus vulnérables, dont certaines seront affectées par le phénomène El Niño. -
La rémunération fixe du nouveau DG de Seb est de 22 % supérieure à celle de son prédécesseur
Le fixe de Loïc Moutault est de 1,1 million d’euros, sous réserve du feu vert des actionnaires. Un effet inflationniste qui touche aussi la part variable, plafonnée à 150% du fixe. -
Volkswagen affiche ses ambitions sur le marché américain
Pour stimuler ses ventes aux Etats-Unis, le groupe allemand concentrera ses efforts sur les utilitaires légers et les grands SUV à motorisation thermique ou hybride.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
La France donne-t-elle réellement plus qu’elle ne reçoit à l’Union européenne ?
D'un point de vue strictement comptable, la France donne plus qu’elle ne reçoit du budget européen. Pour autant, elle n’y perd pas, car les retours sur investissement et surtout le marché unique de l'UE, absent des comptes, font pencher la balance en sa faveur -
Agriculture« C'est un des dossiers majeurs de la rentrée » : Sébastien Lecornu annonce un plan de relance agricole au financement incertain
Le gouvernement a présenté son plan de relance destiné à soutenir une filière exsangue, dont il redoute la grogne. Le montant des aides reste conditionné à l'issue incertaine des débats parlementaires -
Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann rattrape Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon, selon un sondage
Le candidat désigné par le PS le week-end dernier est en position de se qualifier au second tour, selon une enquête réalisée par OpinionWay pour Les Echos et Radio Classique