EDF veut mettre fin au cercle vicieux du paiement du dividende par la dette
Jean-Bernard Lévy a reconnu son «étonnement», à son arrivée à la tête d’EDF fin 2014, de constater que la dette du groupe ne fait qu’augmenter. Cette vie à crédit n’est pourtant pas nouvelle. Depuis la cotation en Bourse du producteur d’électricité fin 2005, sa dette nette a doublé, pour atteindre 34,2 milliards d’euros fin 2014, avec un levier également doublé à 2 fois l’Ebitda.
Les cash-flows opérationnels couvrent bon an mal an les investissements. Mais après, il ne reste plus rien pour payer le dividende. Rien qu’en 2014, après 2,5 milliards d’euros de dividendes, le cash-flow final est négatif de 4 milliards.
Jean-Bernard Lévy et son directeur financier, Thomas Piquemal, espèrent mettre fin à cette dérive d’ici à 2018. Cette année-là, EDF devra afficher un cash-flow après dividendes positif. Pour y parvenir, les dirigeants chiffrent «l’effort» à 3 milliards d’euros. Le groupe est prêt à en prendre une partie à son compte, en réduisant ses charges et en maîtrisant ses investissements. Mais il appelle aussi l’Etat, le premier bénéficiaire de ses dividendes, à assumer ses responsabilités.
«Il est important qu’une réflexion s’engage au sein des pouvoirs publics sur le financement des énergies renouvelables», a ainsi lancé Jean-Bernard Lévy. En 2013, l’électricien et l’Etat avaient signé un accord pour combler les quelque 4 milliard d’euros de déficit accumulé par le système de la CSPE, la contribution prélevée sur les factures pour financer, notamment, le développement du renouvelable. Mais depuis, le trou s’est de nouveau creusé, à hauteur de 700 millions d’euros en 2014.
Le principal cheval de bataille de Jean-Bernard Lévy, comme d’Henri Proglio avant lui, reste d’augmenter les tarifs de l’électricité vendue aux particuliers ou aux concurrents afin qu’ils «soient coordonnés avec l’évolution des coûts de l’entreprise». Un appel qui risque de rester vain tant la politique dépasse la logique économique. Attendu depuis un an, le décret révisant le calcul du tarif de l’électricité nucléaire (Arenh) revendue aux concurrents n’a toujours pas été publié.
Quant aux tarifs pour les particuliers, leur progression a été bridée par un changement de formule en 2014. Dans ce contexte, et avec un actionnaire public à 84%, Jean-Bernard Lévy dispose de peu de moyens de pression. Il a toutefois averti hier qu’EDF n’engagerait pas de fonds pour venir en aide à Areva.
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