EDF se dit prêt à racheter la part de Constellation dans leur coentreprise UniStar
EDF est prêt à certaines concessions pour demeurer dans le nucléaire américain. Dans une lettre adressée à son partenaire local Constellation, l’électricien français lui propose deux options pour sauver le projet du réacteur nucléaire de troisième génération, Calvert Cliffs 3 (CC3). D’une part, EDF réitère sa proposition faite mi-septembre de porter l’intégralité du risque de développement de CC3 jusqu’au démarrage de la construction. D’autre part, EDF se dit prêt à racheter «immédiatement» la part de 50% de Constellation dans leur coentreprise UniStar à une «juste valeur de marché», avec la possibilité d’accueillir un nouveau partenaire américain au «bon moment». Cette coentreprise chargée des nouveaux dossiers nucléaires a été constituée lorsqu’EDF a acquis les 49% des actifs nucléaires de Constellation fin 2008 pour 4,5 milliards de dollars. Il a dû passer au premier semestre 2010 une dépréciation de 1 milliard d’euros sur ses actifs américains.
Toutefois, EDF conditionne ses propositions à la renonciation par Constellation à son option de vente de deux milliards de dollars sur des actifs thermiques. De fait, cet actif vaut beaucoup moins et entrainerait le passage d’une dépréciation d’actifs de l’ordre du milliard de dollars selon des analystes.
En fin de semaine dernière, Constellation avait annoncé qu’il se retirait du projet CC3 en raison du coût de la garantie (880 millions de dollars) du prêt de 7,6 milliards de dollars demandé par le Department of Energy.
Constellation se dit prêt à discuter ces propositions, mais il attend qu’EDF «tienne pleinement ses obligations contractuelles» concernant l’option de vente. Néanmoins, si Constellation a une attitude «imprudente et destructrice au point d’exercer son option de vente», EDF«n’aurait pas d’autre choix» que de «faire valoir pleinement son dossier», prévient Thomas Piquemal, directeur financier d’EDF dans sa lettre à Constellation.
Reste à savoir jusqu’où ira réellement Constellation. Pour les uns, la décision de retrait du projet par le groupe américain serait une simple mesure de chantage auprès du Department of Energy pour obtenir une réduction du coût de la garantie. Le projet CC3 ne serait alors pas remis en cause. Pour les autres, qui semblent les plus nombreux, EDF devrait se retirer du nucléaire aux Etats-Unis (L’Agefi du 12 octobre).
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- La Corée, un tigre asiatique qui commence à vieillir
- CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
- Le Crédit Agricole lancera une offre de trading crypto avant la fin de l'année
- Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon