EDF prend du recul sur son développement nucléaire aux Etats-Unis

Le groupe prépare sa sortie de la coentreprise CENG. Il a relevé son objectif opérationnel 2013 grâce au climat européen rigoureux au premier semestre
Benoît Menou

Face à la vogue du gaz de schiste outre-Atlantique, le PDG d’EDF, Henri Proglio, a concédé hier «(ne pas voir) de place pour le développement du nucléaire aux Etats-Unis immédiatement». Sans communiquer à l’occasion de la publication de solides résultats semestriels sur le devenir d’Unistar, filiale américaine destinée selon EDF à «participer à la relance de l’énergie nucléaire aux Etats-Unis», le groupe a dévoilé un projet de sortie de la coentreprise détenue (à 49,99%) avec l’américain Exelon, CENG (Constellation Energy Nuclear Group).

Les deux actionnaires ont signé un accord devant entrer en vigueur l’an prochain selon lequel EDF déléguera à Exelon la gestion opérationnelle des cinq réacteurs exploités et percevra un dividende exceptionnel de 400 millions de dollars avant de bénéficier d’une option de vente «à la juste valeur» de sa part exerçable entre janvier 2016 et juin 2022. EDF vise avec cette opération une réduction voisine de 300 millions d’euros de son endettement net (33,7 milliards à fin juin) et «un effet légèrement relutif dès 2015».

Alors qu’Henri Proglio a en parallèle promis d’ici fin 2013 une décision attendue de longue date concernant le projet de réacteurs au Royaume-Uni, l’électricien a fait part hier d’un chiffre d’affaires semestriel en hausse de 10,7% (39,75 milliards d’euros, +4,3% en organique) pour un excédent brut d’exploitation (Ebitda) en progression de 6,9% (9,70 milliards, +6,0% en organique). La croissance de l’Ebitda «est portée par la France», où la croissance interne a atteint 6,6%, souligne EDF, qui se félicite de l’impact d’un «climat froid» ou du «succès» de la renégociation par Edison du contrat gazier algérien.

De quoi relever l’objectif d’Ebitda 2013, le groupe visant une hausse d’au moins 3% en organique hors Edison (la filiale italienne devant enregistrer un excédent voisin d’un milliard) contre une hausse inférieure à 3% anticipée précédemment. Cela dans un contexte réglementaire chahuté ayant permis au groupe d’obtenir un relèvement de 5% au 1er août des tarifs régulés de l’électricité (et 5% encore au 1er août 2014), une hausse certes inférieure à celle préconisée par la Commission de régulation de l’énergie.

EDF a confirmé son plan d’économies d’un milliard en 2013, après 360 millions dégagés à fin juin. Des annonces saluées par un bond de7,39% du titre hier en Bourse à 21,725 euros, de loin en tête de l’indice CAC40.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...