EDF met fin à onze années de relations passionnelles avec Veolia Environnement

L’électricien a vendu sa part de 4% qu’il avait acquise en 2002 pour soutenir le groupe de services alors lâché par Vivendi
Olivier Pinaud

Henri Proglio coupe définitivement les ponts avec Veolia Environnement, l’entreprise qu’il a dirigée pendant neuf ans avant de prendre la présidence d’EDF en novembre 2009. Le producteur d’électricité a lancé hier soir la vente de sa part de 4,01% qu’il détenait au capital du groupe de services à l’environnement. L’opération était dirigée par Morgan Stanley. Les titres ont été placés à 11,90 euros, soit une décote de 2,75% par rapport au cours de clôture. EDF récupère ainsi un peu plus de 260 millions d’euros bruts.

Cette sortie était attendue depuis qu’EDF et Veolia avaient accepté fin octobre de se répartir les activités de Dalkia, leur filiale commune de services à l’énergie. Développée en partenariat depuis 2002, à l’initiative d’Henri Proglio, à l’époque à la tête de Veolia, cette co-entreprise constituait le seul lien industriel entre les deux groupes. Une coopération fructueuse d’un point de vue économique. Le chiffre d’affaires de Dalkia a progressé de plus de 60% depuis 2002. Mais depuis quelques années, la filiale cristallisait le conflit personnel que livrait Henri Proglio contre son ancien bras droit, Antoine Frérot, qu’il avait pourtant adoubé pour prendre la tête de Veolia.

Cette lutte de pouvoir a atteint son paroxysme début 2012 lors d’une tentative de putsch manqué contre Antoine Frérot. Quelques mois plus tard, Henri Proglio démissionnait du conseil d’administration de Veolia. Depuis, EDF n’était plus représenté au conseil.

La vente des 4,01% du capital clôt donc une histoire passionnelle entre les deux groupes. EDF était entré chez Veolia fin 2002 après une augmentation de capital destinée à rétablir la société de services, fragilisée par l’endettement hérité de sa scission par Vivendi Universal, et à sécuriser un tour de table bousculé par la sortie précipitée du groupe de médias. A l’époque, le producteur d’électricité faisait partie d’un groupe de nouveaux investisseurs dits «stables». Celui-ci comprenait également, entre autres, la Caisse des dépôts (premier actionnaire actuel avec 9,3%), Groupama, Eurazeo, CNP, AGF ainsi que plusieurs investisseurs financiers, banques ou assureurs.

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