EDF est prêt à piloter le début de modernisation du nucléaire britannique
Le renouveau du nucléaire outre-Manche se précise. EDF et le gouvernement britannique officialiseront en début de semaine prochaine un accord portant sur la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR sur le site d’Hinkley Point. Objectif : pallier la fermeture de centrales au charbon et le vieillissement du parc nucléaire existant, tout en misant sur les énergies renouvelables.
Selon le Wall Street Journal, l'électricien français, via sa filiale britannique EDF Energy, contrôlera 45% à 50% du projet dont il sera le maître d'œuvre, tandis que deux groupes chinois, CGNPC et CNNC, en détiendront entre 30% et 40%. Le Financial Times, de son côté, cite uniquement le nom de CGNPC.
Le chancelier de l’Echiquier George Osborne, en déplacement en Chine, a confirmé que Pékin pourrait participer, même via des prises de participations majoritaires, à l’effort de développement d’une nouvelle génération du parc nucléaire britannique. Surprise de dernière minute dans ce dossier ouvert de longue date et marqué par le retrait de Centrica, Areva, qui fournit les deux réacteurs de 1.650 mégawatts chacun, devrait prendre une participation d’environ 10%. Le groupe dirigé par Luc Oursel ambitionne de vendre dix EPR d’ici à 2016.
Pour parvenir à un accord, il a fallu s’entendre sur un point crucial : le prix garanti de vente de l'électricité nucléaire sur les 35 prochaines années. Toujours selon le WSJ, il a été arrêté à 92,5 livres (109 euros) par mégawatt-heure, un niveau presque deux fois supérieur au prix de gros sur le marché de l'électricité britannique. En comparaison, EDF cède aujourd’hui à ses concurrents l'électricité produite dans ses centrales nucléaires françaises au tarif de 42 euros le mégawatt-heure.
Si EDF, au vu du niveau de sa dette, a de bonnes raisons de se satisfaire de cet accord, le consommateur britannique ne devrait pas l’entendre ainsi, la garantie du prix de vente pouvant se matérialiser à l’avenir par une taxe additionnelle sur la facture. Par ailleurs, le groupe français devra obtenir auprès de la Commission européenne l’assurance que ce modèle du prix de vente garanti ne s’assimile pas à une subvention d’Etat. Les deux réacteurs de troisième génération d’Hinkley Point - un investissement chiffré à quelque 16 milliards de livres - ne devraient pas entrer en activité avant 2020. La dernière inauguration d’un réacteur EPR outre-Manche remonte à 1995 (Sizewell B).
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