EDF est le principal perdant de la victoire annoncée de François Hollande
Moins d’incertitudes, plus de réalisme.» Les analystes de HSBC espèrent que le passage de l'élection présidentielle française, et une vision plus claire de la politique suivie par le futur gouvernement, donneront enfin un peu d’air à EDF. La victoire annoncée depuis des mois de François Hollande, dont le programme est censé être moins favorable au producteur d’électricité, a envoyé le cours du groupe à ses plus bas niveaux historiques.
Vendredi, il est tombé en séance à 15,09 euros, soit une capitalisation boursière de 28 milliards d’euros. La litanie des chiffres est douloureuse pour EDF: le titre a perdu 20% depuis le début de l’année et près de 27% depuis la signature de l’accord politique entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts en novembre 2011. Aucun autre grand producteur d’électricité européen n’a autant souffert. L’indice européen Stoxx des «utilities» a même augmenté de 9% depuis le mois de novembre.
EDF souffre donc clairement d’une décote liée à l'élection présidentielle. Dans son modèle, HSBC la fixait à 40%, avant de la réduire à 30% à l’approche du résultat du scrutin. Selon la dernière étude trimestrielle de Citigroup sur le secteur, EDF capitalise 7,6 fois le bénéfice estimé pour 2013, deux points de moins qu’E.ON, quasiment 4 points de moins que GDF Suez et 2,5 points sous la moyenne des 36 producteurs d’électricité européens suivis par la banque américaine, y compris ceux de l’Europe du Sud.
Pour Cheuvreux, comme pour d’autres analystes, cette décote a peut-être atteint son paroxysme. HSBC rappelle que la chute semble tout aussi exagérée que la montée en flèche qu’avait connue l’action en 2007 dans l’espoir d’un prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires françaises. La capitalisation d’EDF représente tout juste la moitié de la valeur d’actifs estimée du parc de centrales nucléaires françaises. Or, après la signature du pacte avec Les Verts, François Hollande a assoupli son discours vis-à-vis de la filière nucléaire française, notamment pour des raisons sociales. La fermeture de 24 réacteurs nucléaires d’ici à 2025 paraît aujourd’hui moins certaine.
Le marché du crédit semble d’ailleurs moins inquiet aujourd’hui que la Bourse. S’il s’est légèrement retendu ces derniers jours, autour de 140 pb, le CDS d’EDF reste loin de son pic touché en novembre, lors de l’accord avec les Verts, à 195 pb.
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