EDF électrise le marché de la dette hybride avec une émission record
EDF était annoncé comme l’émetteur européen le plus actif de l’année dans l’énergie, avec 10 milliards d’euros de tombées entre 2013 et 2014. Le producteur d’électricité n’a donc pas laissé passé la première ouverture de fenêtre. Il a placé pour 4 milliards d’euros de titres super subordonnés, en euros et en livres, soit la plus importante émission hybride jamais réalisée par un corporate. L’opération, qui constitue une première pour le groupe, devrait même dépasser les 5 milliards d’euros grâce au lancement à venir d’une tranche en dollars, aux Etats-Unis et en Asie. Citigroup, HSBC et BNP Paribas dirigeaient le placement qui a suscité plus de 14 milliards d’euros de demande.
«Cette émission permet de mieux structurer le bilan d’EDF face à son important programme d’investissement qui ne commencera à générer de l’Ebitda que dans quelques années», explique une source proche. Alors qu’habituellement les titres peuvent être rachetés au bout de 5 ans, EDF a obtenu des call dates record de 7, 12 et 13 ans en fonction des tranches avec des coupons respectifs (4,25%, 5,375% et 6%) les plus bas jamais obtenu dans ce type d’émission. Le spread par rapport à une obligation senior ressort à 215 points de base, autre record.
Si elle reste plus chère que de l’obligataire classique, l’hybride offre un avantage: les agences de notation reclassent la moitié du montant en fonds propres et les IFRS à 100%. Résultat, l’émission va supprimer 5 milliards de dette et augmenter d’autant les capitaux propres. De quoi sécuriser le passage du ratio dette nette sur Ebitda sous le seuil limite fixé par la direction à 2,5 fois à fin 2013, alors que les pressions sur le modèle du groupe menaçaient cet engagement. Tombé à 1,9 fois l’Ebitda fin 2010, le ratio s’est gonflé ces derniers mois en raison des besoins d’investissement du groupe (plus de 13 milliards d’euros par an), du dérapage de certains coûts ou du rachat d’Edison.
EDF regagne donc un peu de souplesse ce qui lui permettra d’assumer plus aisément son dividende au titre de 2012. Du fait de ces tensions, certains analystes redoutaient que le groupe ne doive payer le dividende en actions, voire couper son montant promis à 1,15 euro. Or, l’Etat, premier actionnaire d’EDF avec 84% du capital, aurait mal vu une contraction du dividende au moment où ses finances manquent de ressources. L’électricien reverse chaque année 1,8 milliard d’euros à l’Etat, soit 0,7% de son budget.
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