Easyjet a su tirer profit des déboires d’Air France
Easyjet met les gaz. La compagnie aérienne à bas coûts a revu à la hausse sa prévision de bénéfice brut annuel pour l’ensemble de l’exercice clos fin septembre. Elle le situe désormais entre 575 et 580 millions de livres, contre 545 à 570 millions de livres attendus en juillet et 478 millions sur l’exercice 2012-2013.
Plusieurs facteurs ont soutenu l’activité du groupe de Luton. Les deux semaines de grève en septembre chez Air France lui ont permis d’accroître ses revenus de 5 millions de livres, tandis que la facture pétrolière a été allégée de 2 millions de livres. Quant aux effets de change positifs, ils ont totalisé 15 millions de livres au deuxième semestre.
Les déboires d’Air France ont permis à Easyjet d’attirer une clientèle d’affaires. Entre le 15 et le 25 septembre, la compagnie a ajouté plus de 3.000 sièges supplémentaires à ses liaisons depuis l’Hexagone. A la clé, de multiples options ont pu être facturées (billets flexibles, sièges réservés, enregistrement rapide...). Au quatrième trimestre de son exercice fiscal, le revenu par siège a progressé de 1,5% à taux de change constant.
Un opportunisme qui devrait s’avérer payant. «Nous pensons qu’Easyjet va continuer à prendre des parts de marché aux compagnies traditionnelles sur les grands marchés tels que l’Allemagne, la France et l’Italie, alors que ces compagnies tentent de restructurer leurs propres opérations court-courriers», explique Robin Byde, analyste de Cantor Fitzgeral, cité par Reuters. Easyjet a déjà vendu plus d’un quart des sièges disponibles pour le premier semestre de l’exercice en cours et devrait bénéficier d’un effet pétrole et devises positif à hauteur de 30 millions de livres.
Tous ces éléments sont de bon augure pour les actionnaires. Le cours a bondi vendredi de 6,7% à 1.464 pence, valorisant le groupe à plus de 5,8 milliards de livres. Easyjet, qui publiera ses résultats annuels le 18 novembre, devrait dévoiler un dividende substantiel. La société a déjà annoncé un taux de distribution de 40% du bénéfice après impôt, contre un tiers précédemment. A cela pourrait s’ajouter un dividende exceptionnel de 100 millions de livres, estiment les analystes de Jefferies.
Un nouveau geste pour les actionnaires après celui consenti lors de l’exercice précédent (44,1 pence par action, soit 175 millions de livres au total) qui avait été marqué par un bond de 51% du bénéfice avant impôt.
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