EADS s’épargne une bataille franco-allemande pour la succession à sa tête
L’accord d’octobre 2007 a été suivi à la lettre. Conformément aux règles de gouvernance franco-allemande qui avaient été mises en place il y a un peu plus de trois ans, après une intense bataille entre dirigeants et actionnaires, Tom Enders deviendra le 1er juin prochain le président exécutif (CEO) d’EADS en remplacement de Louis Gallois, dont le mandat arrive à échéance.
Les commandes revenant à un Allemand, la présidence du conseil d’administration retournera dans le camp français: Bodo Uebber cèdera son fauteuil à Arnaud Lagardère. Ce dernier laissera pour sa part son siège d’administrateur à Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne. Arnaud Lagardère, dont le groupe est l’un des actionnaires historiques d’EADS, avait déjà partagé la présidence avant que le mode de gouvernance ne soit modifié en 2007.
Ce savant équilibre franco-allemand se diffuse également aux rangs inférieurs. La direction générale d’Airbus, actuellement occupée par Tom Enders, reviendra à Fabrice Brégier. Celui-ci passera la direction opérationnelle à Günter Butschek. La direction financière sera assurée par Harald Wilhelm et les ressources humaines iront à Thierry Baril. D’autres évolutions sont attendues en cascade dans les filiales du groupe.
Cette transition en douceur a été facilitée par les excellents résultats d’EADS. Miné en 2007 par les difficultés du programme A380 et l’affaire des délits d’initiés présumés, le groupe a réussi depuis à détrôner Boeing de son rang de premier constructeur mondial d’avions. Et il est assis sur plus de 11 milliards d’euros de trésorerie nette.
Pour autant, si elle évite un conflit ouvert, cette gouvernance ne règle pas toutes les questions, notamment celle de la répartition du capital. Les dirigeants sont nommés pour cinq ans. Or, Arnaud Lagardère a régulièrement affirmé sa volonté de céder sa participation de 7,5% au capital d’EADS une fois le programme A350 sur les rails, vraisemblablement en 2013, soit bien avant la fin de son mandat. Dans un entretien au Figaro, il rappelle que cette question d’une sortie «n’est pas à l’ordre du jour». De même, Daimler, qui contrôle encore 15% du groupe d’aéronautique, après avoir récemment transféré 7,5% à l’Etat allemand, souhaite s’alléger un peu plus. Des volontés de départ qui posent la question du contrôle du groupe par les Etats français et allemand.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien