EADS entre dans une nouvelle ère, sans veto des Etats
L’assemblée générale extraordinaire du groupe d’aérospatiale et de défense a adopté hier la nouvelle gouvernance d’EADS, mettant fin à la subtile structure capitalistique mise en place lors de la création du leader européen en 2000.
Désormais, les Etats ne détiennent plus que 28% du capital – France (12%), Allemagne (12%) et Espagne (4%) – et perdent leur droit de veto, tandis que le flottant va progresser de moins de 50% à plus de 70%. Quant aux deux industriels fondateurs, Lagardère et Daimler, ils s’apprêtent à céder le reliquat de leur participation. Le premier compter vendre ses 7,5% avant l’été, et le second ses 7,5% au second semestre, tout en profitant du niveau de l’action, qui a récemment touché un plus haut historique de 42,58 euros, en rebond de près de 60% en six mois. Les participations de Lagardère et de Daimler sont ainsi valorisées 2,5 milliards d’euros actuellement.
Les quinze résolutions, dont douze pour les membres du nouveau conseil (parmis lesquels quatre Français: Anne Lauvergeon, Michel Pébereau, Jean-Claude Trichet, et Denis Ranque, le nouveau président), ont été très largement approuvées, à plus de 95%, avec toutefois une plus forte opposition à la nomination de Lakshmi Mittal comme administrateur. Ce conseil pourra décider «d’alliances, d’acquisitions et de fusions, s’est félicité Tom Enders, le patron d’EADS. Aucun gouvernement n’aura plus de droit de veto». L’an dernier, Berlin avait bloqué le projet de fusion avec le britannique BAE Systems.
Le nouveau conseil d’administration a désormais la possibilité de lancer un programme de rachat, puis d’annulation, d’actions portant sur 15% du capital d’EADS, au prix unitaire maximum de 50 euros, pour un cours de 39,66 euros mercredi. Il lui appartient d’en fixer la taille et le calendrier rapidement. Tom Enders a déjà précisé qu’il ne voulait pas y consacrer plus d’un tiers de la trésorerie, de 12 milliards fin 2012. L’accord entre les parties prévoit qu’une partie de la participation de Lagardère, autour de 5,5%, soit rachetée par EADS dans le cadre de ce programme.
Hier matin, EADS avait annoncé un amendement à l’accord entre les parties du 5 décembre 2012 qui vient d’être approuvé par les actionnaires, permettant à l’Etat espagnol, via sa holding Sepi, de vendre jusqu’à 1,15% de sa participation entre le 2 et le 9 avril 2013, afin de ramener sa participation aussi proche que possible de 4%.
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