EADS confirme le rôle clé de l’aviation civile dans son modèle économique en se renommant Airbus
En choisissant de se rebaptiser Airbus, EADS se démarque de la stratégie de son ancien PDG Louis Gallois qui souhaitait rééquilibrer son activité aéronautique entre les pôles civil et militaire à l’horizon 2020. La décision d’adopter le nom de sa principale filiale «replace simplement l’ensemble de l’entreprise sous l'égide de notre meilleure marque qui symbolise l’internationalisation, l’innovation et l’intégration, et également les deux tiers de notre chiffre d’affaires», commente le président exécutif Tom Enders.
La réorganisation du groupe, graduellement mise en place en 2014, conduira au regroupement de ses activités en 3 divisions contre 4 actuellement, à savoir Airbus (avions commerciaux), Airbus Helicopters (nouveau nom d’Eurocopter) et Airbus Defence and Space. Issue de la fusion entre Airbus Military (avions de transport militaires), Cassidian (défense) et Astrium (espace), cette nouvelle entité qui aura son siège social à Munich sera dirigée par Bernard Gerwert, actuellement à la tête de Cassidian. Elle comptera environ 45.000 personnes pour un chiffre d’affaires proche de 14 milliards d’euros.
Les résultats supérieurs aux attentes du groupe au deuxième trimestre sont à mettre à l’actif d’Airbus dont le bénéfice d’exploitation a bondi de 63% à 637 millions d’euros, représentant près de 72% du bénéfice d’exploitation d’EADS sur la période. La filiale devrait enregistrer plus de 1.000 commandes brutes d’avions cette année, contre plus de 800 anticipées en mai dernier.
Mais la montée en puissance de l’industrialisation de l’A350 XWB, son long-courrier censé entrer en service avant fin 2014, ainsi que le plan de rachat d’actions «se sont traduits par un free cash flow négatif de 4,1 milliards au premier semestre, qui a provoqué une forte contraction de la trésorerie nette d’EADS à 5,9 milliards comparés à 12,3 milliards fin 2012», observent les analystes de CM-CIC Securities.
Le groupe maintient ses objectifs pour 2013, y compris celui d’un free cash flow équilibré après financements clients et avant acquisitions. Tom Enders prévient que le programme A350 «entre désormais dans la phase la plus critique», tout retard dans le calendrier du développement pouvant un impact sur les provisions. Des charges de restructuration liées à la création d’Airbus Defence and Space devraient également être annoncées au second semestre.
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