E.ON va supprimer 14% de ses effectifs d’ici à 2015 à cause du nucléaire
A l’instar de son concurrent RWE, le groupe énergétique allemand E.ON a annoncé hier des résultats semestriels en forte chute, se voyant contraint d’abaisser ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice. En dépit d’un chiffre d’affaires en hausse de 20% à 53 milliards d’euros, l’excédent brut d’exploitation (ebitda) a chuté de 45% à 4,3 milliards à fin juin, tandis que le bénéfice net ajusté s’est effondré de 71% à 900 millions, soit respectivement 8% et 22% en dessous du consensus. «Au deuxième trimestre, E.ON affiche pour la première fois depuis 10 ans une perte nette ajustée de 382 millions», relève le courtier Raymond James.
Pour l’ensemble de l’exercice, E.ON a réduit de 15% son objectif d’ebitda dans une fourchette de 9,1 à 9,8 milliards, et de 30% sa prévision de bénéfice net ajusté qui devrait désormais être compris entre 2,1 et 2,6 milliards. Le dividende par action, originellement prévu à 1,3 euro, est dorénavant attendu à 1 euro, ce qui respectera «l’objectif d’un taux de distribution de 50% à 60% du résultat net ajusté». L’action a chuté de 11% à 13,8 euros contre une baisse de 5,1% pour le Dax, indice vedette des valeurs allemandes. Cela porte à près de 40% le repli du titre depuis le début de l’année.
Il est vrai que les perspectives brossées par E.ON semblent défavorables à court et à moyen terme, avec «une poursuite de l’impact négatif sur l’activité provenant des surcapacités en Europe, des changements technologiques et de l’interventionnisme réglementaire et étatique». La transition hors du nucléaire décidée par le gouvernement allemand, accompagnée d’une taxe sur le combustible, entraînera de profondes restructurations, car ces activités emploient environ 4.500 personnes.
Le groupe devrait supprimer de 9.000 à 11.000 postes d’ici à 2015, soit 14% de ses effectifs, «principalement dans des fonctions administratives, mais aussi dans certaines activités opérationnelles», précise le directeur général Johannes Teyssen. Ceci contribuera à générer des économies estimées à 1,5 milliard d’euros par an, avec une base de coût annuelle passant de 11 à 9,5 milliards d’euros. La direction souhaite «créer un groupe plus vif et plus agile, avec une présence globale et une base de coûts bien inférieure». Un chantier qui devrait être de longue haleine.
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