E.ON subit la première perte de son histoire
E.ON a été confronté à des défis inconnus jusque-là». C’est en ces termes que le patron du groupe nucléaire allemand, Johannes Teyssen, a expliqué hier les raisons de la chute brutale de ses résultats l’an dernier. Pour la première fois de son histoire le numéro un de l'énergie outre-Rhin a plongé dans le rouge, essuyant une perte nette de 2,2 milliards d’euros, contre un bénéfice de 5,8 milliards en 2010.
La dégradation est d’autant plus douloureuse que le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 22% à 112,9 milliards d’euros. Mais l’arrêt de deux centrales nucléaires en Allemagne et l’introduction de la taxe sur les combustibles ont entraîné un manque à gagner de 2,5 milliards. La baisse du prix de l'énergie a amputé le résultat d’un milliard, tandis que des contre-performances dans le gaz lui ont coûté 700 millions.
Mais le groupe affirme que le pire est désormais derrière lui. Cette année, E.ON vise un Ebitda de 9,6 à 10,2 milliards d’euros, puis de 11,6 à 12,3 milliards en 2013. L’an dernier, il a baissé de 30% à 9,3 milliards.
«Notre plan de restructuration est bien avancé et nos nouveaux axes de développement dans les énergies renouvelables et dans les pays émergents affichent d’ores et déjà des profits» a expliqué Johannes Teyssen. E.ON se félicite notamment du bond de 21% de son Ebitda dans les énergies propres et d’une hausse de 50% en Russie à 600 millions d’euros. Dans le courant de l’année le groupe veut conclure des coopérations en Inde et en Turquie. Parallèlement, il veut amputer ses coûts de 1,5 milliard en supprimant 11.000 emplois sur un effectif total de 80.000.
Chez les analystes les perspectives de croissance pour 2013 ont été bien accueillies. «Le tournant d’E.ON vers ses nouveaux axes de développement que sont les énergies renouvelables et les pays émergents semble en bonne voie» estime Hasim Sengül, analyste chez DZ Bank. A la Bourse de Francfort l’action a gagné plus de 7%.
Suivant son compatriote RWE, E.ON veut investir 7 milliards d’euros dans les énergies propres dans les cinq années à venir, notamment dans l’éolien offshore. Cette somme correspond au montant déjà investi dans les énergies renouvelables au cours des dernières années. L’objectif est de mettre en service un nouveau parc éolien en mer tous les 18 mois. Trois projets sont actuellement en développement, en Allemagne, dans la mer du Nord, en Grande-Bretagne et en Suède.
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