E.ON et RWE risquent de devoir tailler dans leurs dividendes
Les investisseurs s’y préparent. E.ON et RWE devraient annoncer, lors de la publication de leurs résultats semestriels les 10 et 11 août prochains, une baisse du montant des dividendes qu’ils envisagent de distribuer une fois les comptes 2011 clos. Pour E.ON, la réduction devrait tourner autour de 25%, selon Nomura, ce qui réduirait le dividende à 1 euro par action, contre 1,3 euro attendu auparavant. Le producteur d’électricité se contenterait ainsi du minimum promis l’an dernier aux investisseurs. La coupe s’annonce encore plus franche chez RWE. Citigroup attend une baisse de 32%. Nomura table sur un dividende abaissé de 40%, à 2,1 euros par action, par rapport aux 3,5 euros distribués au titre des exercices 2010 et 2009. Ces mesures pourraient permettre à E.ON d’économiser 600 millions d’euros. Pour RWE, l’économie représenterait 732 millions d’euros.
Les deux producteurs d’électricité n’ont pas vraiment le choix s’ils veulent supporter les conséquences financières du plan du gouvernement allemand de sortir du nucléaire d’ici à 2022. L’équation est encore plus compliquée pour RWE que pour E.ON, deux fois plus petit en terme de capitalisation et plus endetté que son concurrent. Le groupe exploite 5 des 17 réacteurs en fonctionnement en Allemagne. La décision du gouvernement pourrait couper de moitié ses bénéfices.
Au 31 décembre 2010, l’électricien portait une dette nette de 28,96 milliards d’euros, pour des fonds propres de 17 milliards. Un tiers de sa dette est exigible entre 2011 et 2014. Le plan allemand fera monter le multiple dette nette sur Ebitda au-dessus de 4 en 2012, contre 2,8 fois en 2010, calculait récemment le courtier Raymond James. A moins de risquer une nouvelle dégradation de la note de sa dette – Moody’s et S&P ont déjà abaissé leurs note à A3 et A- en juin et juillet derniers avec des perspectives négatives– RWE doit impérativement se désendetter.
La baisse du dividende et le programme déjà annoncé de cessions d’actifs pour 12 milliards d’euros pourraient ne pas suffire. De plus en plus d’analystes s’attendent à une prochaine augmentation de capital couplée, pourquoi pas, à un renforcement du plan de désinvestissement. Nomura calcule que RWE pourrait avoir besoin de lever entre 3 et 5 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs étrangers jouent contre les taux courts de la France
Face aux incertitudes budgétaires et politiques, les investisseurs étrangers, et probablement un peu les hedge funds, exacerbent la sensibilité des taux sur les Bons du Trésor français (BTF) à 6 mois. -
Apollo embarque Athora et l’Adic dans sa nouvelle machine à prêter européenne
Le gestionnaire américain lance European Credit Company, dotée de plus de 10 milliards d’euros de capacité de prêt, avec l’Adic, Athora, Norinchukin, Standard Chartered et une filiale de Temasek. -
Alphabet précède l’émission obligataire de Meta sur le marché euro
La maison mère de Google a réalisé lundi sa quatrième transaction obligataire sur le marché euro en un an et demi. Meta devrait suivre en dollar et en euro pour une transaction inaugurale sur six tranches.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Fight, fight, fightMidterms : pourquoi rien n'arrêtera Donald Trump
Perdre le Congrès rendra-t-il le président des Etats-Unis plus faible ? Rien n’est moins sûr. Son tempérament, ses leviers et l'absence d’enjeu électoral devraient plutôt l'encourager au combat -
Voie sans issue« Ils ne tiennent plus le manche » : le budget de Sébastien Lecornu s’enfonce dans l’impasse
Avec la stagnation de l’économie française, même le délicat scénario des ordonnances ne suffira plus à réduire le déficit à 5 % du PIB en 2027, malgré 43 milliards d’efforts. Bercy mise encore sur un accord de non-censure après un 49.3 -
EditorialLFI, le mensonge au quotidien
Les émules de Donald Trump ne sont pas toujours ceux que l’on croit