E.On essuie une charge de dépréciations de 2,6 milliards d’euros
Affecté par une dégradation des marges et des capacités d’utilisation sur certains marchés européens de l’électricité (France, Espagne, Italie), le groupe allemand E.On se voit contraint de passer une charge de 2,6 milliards d’euros: 1,1 milliard sur des survaleurs et 1,5 milliard sur d’autres actifs.
Cette charge concerne principalement un portefeuille d’actifs d’Enel/Acciona et d’Endesa acquis en juin 2008 pour 11,5 milliards d’euros, soit une perte d’environ 22%. Cet accord avait suivi le retrait de l’offre d’achat de plus de 40 milliards d’euros lancée à l’encontre d’Endesa.
«Ces marchés (France, Italie, Espagne, ndlr) constituent un environnement difficile et les attentes en termes de demande en énergie étaient beaucoup trop élevées», a expliqué Michael Schaefer, analyste chez Equinet. «Ce n’est pas comme si ce genre d’annonce prenait le marché complètement à contre-pied», a-t-il ajouté. L’action E.On a accusé le coup en début de séance avant de se reprendre et de clôturer en baisse de 0,74%.
Le groupe de Düsseldorf a prévenu que cette charge comptable affecterait son bénéfice net tout en invitant les investisseurs à patienter jusqu’à la publication de ses résultats trimestriels détaillés le 10 novembre pour de plus amples détails. Selon le bureau Equinet, l’impact sur le résultat net annuel pourrait s’élever à 1,8 milliard d’euros. Le bénéfice d’exploitation (Ebit) et le bénéfice net ajustés, qui servent de base de calcul du dividende, ne seront toutefois pas touchés, a précisé E.ON.
Au troisième trimestre, E.ON a dégagé un Ebit de 8 milliards d’euros, en progression de 9% sur un an. «En conséquence, E.ON est en mesure de confirmer ses perspectives pour 2010 avec une hausse de l’Ebit ajustée comprise entre 0 et 3%, ainsi qu’un résultat net ajusté conforme au niveau atteint en 2009», précise le communiqué.
Confronté à l’imminence de la taxe sur le nucléaire et ployant sous un endettement conséquent (47,4 milliards d’euros à fin juin), le groupe poursuit ses cessions d’actifs. E.ON a obtenu mardi le feu vert de la Commission américaine de régulation de l’énergie (FERC) pour la vente d’E.On US Midwest à PPL Corporation. Une transaction chiffrée à 7,6 milliards de dollars.
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