Doté d’un nouveau patron, Nokia cherche à rationaliser le développement de ses activités

Le groupe, qui a dégagé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes, supprime 1.800 postes pour mieux positionner sa plate-forme Symbian
Antoine Duroyon

A la tête de Nokia depuis cinq semaines, le canadien Stephen Elop a pu savourer ses premiers résultats trimestriels. Ils sont ressortis nettement supérieurs aux attentes des analystes, ce qui a dynamisé l’action du groupe finlandais en Bourse (+6,28%). Un coup de fouet salutaire, le titre s'étant affaissé au cours des derniers mois sous l’impact d’une série d’avertissements sur résultats. Au titre du troisième trimestre, le bénéfice du groupe d’Espoo a atteint 529 millions d’euros, contre une perte de 559 millions sur la période comparable de 2009. Les analystes sondés par Bloomberg n’avaient tablé en moyenne que sur 182,5 millions d’euros. Le chiffre d’affaires a grimpé de son côté de 5% pour s'établir à 10,3 milliards d’euros.

Nokia a tiré profit du dynamisme des ventes de smartphones, en particulier sur le segment d’entrée de gamme. Le groupe en a écoulé 26,5 millions au cours du trimestre, soit une hausse de 61% en glissement annuel et de 10% en glissement trimestriel. Cette prépondérance des modèles bon marché, notamment le C3 et le X2, a tiré le prix de vente moyen des smartphones vers le bas : il ressort à 136 euros, en recul de 7 euros par rapport au trimestre précédent. En revanche, le prix de vente moyen pour l’ensemble des composants mobiles (110,4 millions d’unités), y compris les revenus tirés des services, s’est redressé pour atteindre 65 euros.

Malgré cette évolution positive, les positions de Nokia se retrouvent durement attaquées. Sa part de marché globale a reculé de 4 points de pourcentage sur un an pour s’arrêter à 30%. La concurrence de l’iPhone d’Apple ne se relâche pas, alors que celle des modèles animés par Android se renforce. Le groupe, qui vient de lancer avec retard son nouveau modèle tactile N8, prévoit de lancer trois nouveaux produits pour la fin de l’année : les smartphones E7, C7 et C6, tous fonctionnant sous Symbian 3.

Ce système d’exploitation, qui a lui a aussi souffert d’un retard préjudiciable pour la marque, fait l’objet d’une remise en ordre. Nokia a indiqué hier qu’il combinerait les efforts de développement des plates-formes Symbian 3 et Symbian 4. Pour ce faire, le groupe prévoit de supprimer 1.800 postes dans une perspective de «rationalisation» de ses smartphones Symbian.

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