D’ici 2013, Renault consacrera 40 % de ses investissements aux sites français

Le constructeur automobile va renforcer la spécialisation des sites d’Europe occidentale sur des productions à forte valeur ajoutée
Yves-Marc Le Reour

Renault fractionne sa communication financière en ce début d’année. Après avoir annoncé plus tôt que prévu lundi certains éléments clés de ses résultats 2010, il a dévoilé hier le volet industriel de son plan stratégique qui sera présenté dans son intégralité le 10 février prochain. En réponse aux critiques exprimées par la CGT concernant une baisse nette des effectifs français du groupe d’ici à 2013, le constructeur précise qu’il consacrera 2,3 milliards d’euros à des investissements industriels dans l’Hexagone entre 2010 et 2013, soit 40% d’un programme d’investissements s’élevant au total à 5,7 milliards d’euros sur la période. «Notre plan stratégique permet d’ajuster nos capacités de production industrielle à la demande mondiale sans fermeture de site, sans plan social ni plan de départs collectifs», souligne le PDG Carlos Ghosn.

Le groupe automobile entend concentrer en Europe occidentale, et plus spécifiquement en France, «des productions à forte valeur ajoutée». Les modèles Zoe et Kangoo électriques seront assemblés respectivement à Flins et à Maubeuge, tandis que le moteur électrique de troisième génération sera fabriqué à Cléon à partir de 2013, avec une capacité de production annuelle de 100.000 moteurs. Ainsi, «80% des véhicules électriques vendus dans le monde par Renault seront produits en France en 2015», relève le communiqué. Si la mise en production d’un nouveau fourgon à Sandouville en 2013 a été confirmée, les versions futures des modèles Espace et Laguna seront transférées à Douai à partir de 2014, sur la base d’une plate-forme commune avec Nissan.

Dans ce dispositif, l’usine marocaine de Tanger, qui produira des voitures à bas coût à partir de 2012, se verra ajouter une deuxième ligne de production l’année suivante. Renault continuera également d’investir au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine, ces pays représentant désormais un tiers des ventes de voitures dans le monde. Le groupe a d’ailleurs rappelé que ses ventes hors d’Europe devraient atteindre 43% du total en 2011 contre 37% l’an dernier. Par ailleurs, le marché européen dans son ensemble «ne devrait pas avoir retrouvé en 2016 son niveau d’avant la crise», alors qu’entre 2010 et 2016, le marché automobile dans le reste du monde devrait afficher une croissance proche de 50%. L’action s’est repliée de 2,9% à 46 euros sur le marché parisien.

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